Il faut plus de tests avant de relancer l’économie selon Justin Trudeau

OTTAWA — La vie quotidienne ne pourra pas être de retour à la normale au Canada tant que les autorités sanitaires ne seront pas en mesure de détecter et de maîtriser rapidement tout nouveau foyer d’éclosion au pays. Mais elles sont encore loin d’être en mesure d’y arriver.

La capacité de soumettre de grandes portions de la population à des tests de dépistage de la COVID-19 a été vantée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme étant l’élément clé permettant aux États d’assouplir les consignes de distanciation physique.

Toutefois, la capacité du Canada à augmenter son rythme de tests a été limitée par la pénurie de matériel nécessaire à ces analyses et par la décision des provinces de réserver les tests à certaines catégories de personnes prioritaires.

Le gouvernement et les autorités de santé publique disent travailler sur cet enjeu.

«Lorsque nous serons en mesure d’assouplir les consignes de distanciation physique et de relancer l’économie, la capacité d’effectuer des tests de dépistage massifs, rapides, sur une grande partie de la population sera essentielle», a déclaré le premier ministre Justin Trudeau mercredi.

Une fois que la première vague de l’épidémie sera passée, le gouvernement va devoir agir rapidement pour endiguer toute nouvelle éclosion, a poursuivi M. Trudeau.

Jusqu’ici, plus de 462 000 personnes ont subi un test de dépistage pour la COVID-19.

Le gouvernement va devoir faire beaucoup mieux, fait remarquer l’épidémiologiste et professeur émérite de l’Université Ryerson Timothy Sly.

Il ajoute que l’État doit savoir qui est immunisé, qui est à risque et qui est infecté par le virus afin de les isoler avant d’éventuellement assouplir les consignes de confinement.

«Graduellement, on va voir le nombre de tests augmenter et l’on va commencer à mieux comprendre qui est quoi», poursuit le professeur Sly.

Cette étape est particulièrement importante, insiste-t-il, puisque de nouvelles preuves semblent confirmer que des personnes asymptomatiques peuvent propager le virus.

Ces gens sont très dangereux, observe l’expert puisqu’ils peuvent répandre l’épidémie sans le savoir.

Le taux de tests de dépistage par personne demeure plus élevé au Canada qu’aux États-Unis, mais il demeure plus faible qu’en Allemagne et en Islande, d’après le professeur Sly.

Chaque province détermine quelles personnes elle veut soumettre à des tests de dépistage. En raison du matériel limité, plusieurs provinces ont concentré leurs efforts sur les personnes les plus à risque comme celles qui résident ou travaillent dans les hôpitaux ou les centres de soins de longue durée.

Des démarches sont en cours pour renflouer les stocks de matériel nécessaire aux analyses et augmenter le nombre de tests, mentionne l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Dre Theresa Tam.

D’abord en travaillant à rehausser la capacité de production domestique de matériel afin de ne pas dépendre d’importation d’écouvillons et de produits réactifs.

Dre Tam a également défendu la capacité actuelle de dépistage du Canada.

Selon elle, le fait que 94 % des résultats de tests soient négatifs démontre que le Canada a su trouver un équilibre entre les groupes de personnes à risque et la recherche de pistes de transmission communautaire.

Sous peu, on devrait aussi pouvoir commencer à identifier, à l’aide d’analyses, les personnes considérées immunisées.