Il faut s’adapter de façon proactive aux changements climatiques

OTTAWA – S’adapter à un nouveau climat a longtemps été considéré comme une échappatoire ou un aveu d’échec pour les décideurs politiques dans le dossier des émissions de carbone.

Mais aujourd’hui, le double objectif d’arrêter les changements climatiques avant qu’il ne soit trop tard et de s’adapter à ceux déjà existants doit être conjointement étudié, soutient une ancienne conseillère de la Maison-Blanche participant à un symposium sur l’adaptation aux changements climatiques, mardi.

Kathy Jacobs, qui enseigne à l’Université de l’Arizona, soutient que la question de la gestion des répercussions potentielles des changements climatiques — auparavant un «sujet politiquement impopulaire — a été surpassée par les impacts réels de ces changements et la nécessité de bien se préparer aux effets dramatiques futurs.

Selon elle, savoir comment les sociétés s’adaptent à un changement climatique n’est plus une tendance à long terme. Au contraire, aujourd’hui, elles les subissent dans un contexte extrême, qu’il s’agisse d’inondations, de sécheresses ou d’invasions d’espèces.

On s’intéresse dorénavant aux événements extrêmes et à leurs effets dominos, ajoute Mme Jacobs.

Tenter de prédire les répercussions futures des changements climatiques équivaut à «tenter de lire dans une boule de cristal», a indiqué celle qui fut conseillère du président Barack Obama de 2010 à 2014, mais on ne doit pas renoncer «à s’adapter de façon proactive». Les gestionnaires prennent quotidiennement des décisions en se fondant sur des renseignements imparfaits, a-t-elle rappelé.

«Je ne comprends pas pourquoi on a placé la barre si haute pour les changements climatiques, affirme Mme Jacobs. Comment peut-on gérer l’économie, comment peut-on gérer la croissance démographique alors que nous avons moins d’informations sur le comportement humain que nous en avons sur le climat?»

Adaptation Canada 2016 est un symposium national qui se déroule à Ottawa jusqu’au 14 avril. Les participants étudieront notamment des exemples d’adaptation aux changements climatiques dans des secteurs comme l’exploitation minière, la foresterie, l’énergie, le transport et l’assurance.

Le symposium a été lancé par la ministre fédérale de l’Environnement Catherine McKenna, qui a fait observer que le nord canadien faisait face à des impacts déterminants. La ministre a affirmé que le rythme actuel des changements climatiques mondiaux était sans précédent dans l’histoire humaine.