Il faut un directeur parlementaire du budget, et vite, selon PSPP

QUÉBEC — Un directeur parlementaire du budget doit se pencher rapidement sur les finances publiques du Québec.

Il faut mettre en place cet organisme indépendant de vérification, en raison des milliards dépensés sans aucun contrôle parlementaire en ces temps de crise, affirme le candidat à la direction du Parti québécois (PQ) Paul St-Pierre Plamondon. 

Le 3 avril dernier, le ministre des Finances, Eric Girard, a indiqué que le gouvernement caquiste avait déjà pris des engagements totalisant environ 18 milliards $ depuis le début de la pandémie.

Un directeur parlementaire du budget existe déjà au fédéral, pour analyser de façon neutre les finances publiques, et il est temps que le Québec imite Ottawa, selon M. St-Pierre Plamondon.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne publiée mercredi, il soutient que les Québécois manquent d’informations sur la gestion des fonds publics actuellement.

«La transparence est moins au rendez-vous, a-t-il déploré. On a besoin d’un avis non partisan et objectif, une voix rigoureuse, parce que les décisions se prennent vite, il y a des milliards de dollars en jeu et on a besoin d’avoir l’heure juste, dans le cadre du plan de relance qui nous attend.»

Selon lui, il serait possible de mettre en place rapidement une équipe avec à sa tête un directeur parlementaire du budget, un officier de l’Assemblée nationale au même titre que le vérificateur général ou le commissaire à l’éthique.  

Tout d’abord, il faut rappeler les députés pour que la Chambre siège. La démocratie est «encore plus cruciale en temps de crise», a insisté M. St-Pierre Plamondon. Il serait donc alors possible d’adopter rapidement le projet de loi pour mettre en place l’organisme et ensuite, le directeur du budget pour remettre un avis dans un délai assez court.

«C’est quelque chose de faisable avant la fin de l’été, donc à l’automne, lorsqu’on sera, je l’espère, au coeur de la relance, on aura déjà une voix neutre sur l’ampleur de l’endettement et l’efficacité des mesures en place.»

Pratiquement tous les partis au Québec ont proposé tour à tour l’instauration d’un directeur parlementaire du budget. Incidemment, le ministre responsable de la Réforme parlementaire, Simon Jolin-Barette, a inclus en février cette proposition dans un projet de refonte plus vaste des règles de l’Assemblée nationale.