Les démocrates demeurent indécis sur la destitution de Trump

WASHINGTON — Plusieurs mois après avoir pris le contrôle de la Chambre des représentants, les démocrates n’ont pas encore voté pour destituer le président Donald Trump. Et peut-être qu’ils ne le feront jamais.

La Chambre a suspendu ses travaux vendredi pour une pause estivale de six semaines sans ouvrir la procédure de destitution. Les démocrates ne sont pas plus près de voter qu’ils ne l’étaient lorsqu’ils ont pris le pouvoir au début de l’année, même après le témoignage tant attendu du procureur spécial Robert Mueller.

Pourtant, le comité judiciaire de la Chambre a déposé une nouvelle poursuite, vendredi, ses avocats arguant qu’ils avaient besoin de documents de l’administration Trump relativement au processus de destitution. La poursuite mentionne le mot «impeachment» (destitution) 76 fois.

Son président, Jerrold Nadler, a affirmé que son comité enquêterait sur le président, avec ou sans un vote formel à la Chambre.

Cette décision met en lumière les tensions qui existent au sein du clan démocrate, qui tente de garder vivante l’idée de la destitution, tout en évitant de tenir un vote sur la question, qui serait potentiellement risqué.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a rejeté les critiques selon lesquelles elle «gagnerait du temps» alors qu’environ 100 représentants démocrates souhaitent entamer le processus de destitution, selon un décompte de l’Associated Press.

«Nous procéderons lorsque nous aurons ce dont nous avons besoin, pas un jour plus tôt», a-t-elle soutenu vendredi en conférence de presse.

La présidente de la Chambre a déclaré qu’elle n’avait «aucune plainte» à formuler à ceux qui poussaient pour la destitution. Leur plaidoyer lui donne du poids, a-t-elle affirmé.

Les tensions entre la nouvelle vague d’élus progressistes du parti, et la présidente de la Chambre ont d’ailleurs semblé s’apaiser, vendredi, avec une rencontre entre Mme Pelosi et la populaire représentante de New York, Alexandria Ocasio-Cortez.

Le porte-parole de Mme Ocasio-Cortez a parlé d’une rencontre «très positive et productive sur les priorités progressistes».

Puisque la chambre ne peut pas, ou ne souhaite pas, destituer le président, cela accroît la pression sur le parti pour déterminer ce qu’il devra faire pour défaire M. Trump à l’élection de 2020.

Les démocrates de Chambre ont clôturé leur 200e jour dans la majorité avec une longue liste de projets de loi — augmentant le salaire minimum, renforçant les protections aux immigrants — donnant aux électeurs une idée de la manière dont leur parti gouvernerait s’il occupait la Maison Blanche.

«Ces gens sont des clowns, a lancé M. Trump à la Maison-Blanche. Les démocrates sont des clowns.»