Il reste une quarantaine de Canadiens toujours hospitalisés au Japon

MONTRÉAL — Une quarantaine de Canadiens atteints du coronavirus sont toujours au Japon, traités dans les hôpitaux japonais après avoir été transférés du navire Diamond Princess.

De passage à Montréal vendredi, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a indiqué que tous les autres Canadiens qui étaient à bord du navire de croisière ont pu quitter le pays du soleil levant.

Vendredi matin, 129 d’entre eux sont rentrés au pays à bord d’un avion nolisé par Ottawa et, bien qu’ils aient déjà passé des semaines confinés dans de minuscules cabines, ils devront tout de même se soumettre à deux autres semaines de quarantaine au complexe hôtelier Centre Nav à Cornwall, en Ontario, après un examen médical.

En tout, 256 Canadiens prenaient place à bord du Diamond Princess. Ceux qui ne sont pas revenus dans cet avion sont soit déjà rentrés au pays par d’autres moyens ou ont poursuivi leur route vers d’autres destinations.

Suivi personnalisé

Quant aux croisiéristes atteints du coronavirus COVID-19, ils «sont dans une douzaine d’hôpitaux à travers Yokohama et la capitale autour de Tokyo», a précisé le ministre, ajoutant que son personnel assurait un suivi personnalisé dans chacun des cas.

«On a une grande équipe consulaire là-bas qui s’assure de les accompagner avec les autorités sanitaires japonaises», a-t-il dit.

Lorsque ces personnes auront reçu leur congé de l’hôpital, «la compagnie Holland America a la responsabilité de ramener ces gens-là à bon port. Nous on va les accompagner avec toute l’assistance consulaire qu’on peut leur offrir évidemment parce que c’est ce qu’on fait depuis le début. On a même une matrice des besoins de l’un et de l’autre pour s’ajuster en fonction des besoins ou les désirs exprimés par chacune des familles».

Fin de quarantaine

Par ailleurs, les autorités de santé publique fédérales ont indiqué que 219 personnes qui avaient été rapatriées à bord d’avions nolisés par le Canada et les États-Unis en provenance de Wuhan en Chine, le 7 février dernier, ont pu quitter la base militaire de Trenton, leur quarantaine étant complétée.

Quant aux 185 Canadiens arrivés le 11 février à bord du deuxième avion nolisé par le gouvernement du Canada, ils obtiendront leur congé de la base militaire le 25 février 2020.

Ottawa accuse l’Iran de miner le droit international

Le ministre des Affaires étrangères, qui était venu s’adresser à plus de 500 convives réunis par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), s’est par ailleurs attardé sur le dossier de l’écrasement d’un Boeing de la Ukrainian International Airlines, abattu à Téhéran par un missile iranien le 8 janvier dernier, soit il y a maintenant 44 jours.

François-Philippe Champagne n’a pas caché son impatience face à l’Iran, qu’il accuse de miner le droit international en retardant indûment l’analyse des boîtes noires. La tragédie a fait 176 morts, dont 57 citoyens et 29 résidents permanents du Canada.

Le ministre s’est montré particulièrement irrité par l’apparente velléité des autorités iraniennes d’analyser elles-mêmes le contenu des boîtes noires: «Ce qu’on me dit en Iran, c’est qu’on désire encore obtenir l’équipement ou l’expertise».

«Alors moi je leur dis: force est de constater qu’après 30 jours vous n’y êtes pas arrivés et comme l’annexe 13 (de la Convention relative à l’Aviation civile internationale) dit « sans délai », moi j’interprète l’esprit et la loi et le texte qui dit sans délai. Alors sans délai, on a vraiment passé ce cadre-là.»

Rappelant que la France a offert de procéder à cette analyse, le ministre a fait valoir qu’ainsi «tout le monde pourrait voir le contenu. La transparence, c’est essentiel. Les familles ont des questions, le gouvernement canadien a des questions, la communauté internationale a des questions».

François-Philippe Champagne a ajouté avoir interpellé le président de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) pour qu’il fasse lui aussi pression sur l’Iran.

«On est en train de miner le droit international. Si chaque État peut interpréter à sa façon l’annexe 13, je ne pense pas que ce soit un développement heureux pour le droit international», a-t-il dit.

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