Il revient à la société de tracer la ligne sur les armes de type assaut, dit Trudeau

OTTAWA — Justin Trudeau assure que son gouvernement tente de trouver la ligne de démarcation entre les armes à feu adaptées à la chasse et celles qui n’ont pas leur place dans la société parce qu’elles posent des risques importants lorsqu’elles tombent entre de mauvaises mains.

Alors que ce dossier suscite un vif débat au Canada, il revient à la société de déterminer «où cette ligne sera tracée», a estimé le premier ministre dans une entrevue de fin d’année avec La Presse Canadienne.

«Il n’y a pas un seul Canadien qui ne souhaite pas voir moins de crimes commis avec des armes à feu, qui ne souhaite pas voir des communautés plus sécuritaires: nous sommes tous unis là-dessus, a-t-il dit. Des désaccords existent sur la meilleure façon possible de s’y prendre.»

Le gouvernement veut resserrer le règlement de mai 2020 qui interdit déjà toute une gamme d’armes à feu considérées comme des armes «de type assaut». Dans le projet de loi actuellement à l’étude au Comité de la sécurité publique des Communes, le gouvernement libéral souhaite en fait enchâsser dans la loi une définition complète et précise de ces armes prohibées.

Entre autres spécifications techniques, la définition proposée comprendrait une carabine ou un fusil de chasse semi-automatique à percussion centrale avec un chargeur amovible pouvant contenir plus de cinq cartouches.

Une liste de 306 pages

Les députés passent au crible la plus récente liste d’armes à feu qui relèveraient de la définition proposée — la liste proposée fait 306 pages.

Une certaine confusion persiste toutefois sur ce qui est exactement inclus et ce qui ne l’est pas formellement, car la définition ne s’applique qu’à certaines variantes de modèles qui répondent aux critères — les armes que le gouvernement considère comme inappropriées pour un usage civil.

Cette mesure a été saluée par les partisans du contrôle des armes à feu. Mais elle a été conspuée par des députés conservateurs et des groupes de défense des droits des armes à feu, qui soutiennent que cet amendement cible des carabines et des fusils de chasse couramment utilisés par des Canadiens.

M. Trudeau a déclaré qu’il avait l’intention de donner suite à sa promesse d’interdire les armes à feu conçues pour tuer autant de personnes que possible le plus rapidement possible, tout en respectant les besoins légitimes des chasseurs et des autres citoyens qui ont besoin de ces carabines et fusils de chasse.

«De toute évidence, il y a des gens qui détiennent en ce moment des armes à feu qui sont probablement plus puissantes ou plus utiles que ce dont vous auriez vraiment besoin pour la chasse», a soutenu lundi le premier ministre.

«Et en tant que société, nous devons déterminer où tracer cette ligne. Et peu importe où vous la tracez, il y aura des gens d’un côté ou de l’autre qui pensent que ça aurait dû être dans un sens ou dans l’autre.»

L’approche du gouvernement était la bonne, a-t-il soutenu. «Mais je suis toujours ouvert aux ajustements.»

M. Trudeau a reconnu qu’il y avait encore du travail à faire pour affiner la définition d’«armes de type assaut», car son gouvernement minoritaire a besoin du soutien d’au moins un autre parti pour assurer l’adoption des nouvelles mesures.

Le Comité de la sécurité publique des Communes se réunissait mardi après-midi pour discuter de la proposition d’entendre de nouveaux témoins sur le projet d’amendement, une suggestion de la députée bloquiste Kristina Michaud.

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