Il y a 1 an aujourd’hui, Arruda assurait que Québec était prêt à affronter le virus

QUÉBEC — C’était le 22 janvier 2020. Horacio Arruda tenait sa toute première conférence de presse à Québec sur le nouveau coronavirus apparu en Chine.

Ce jour-là, le directeur national de la santé publique a assuré que tout était en place dans le réseau de la santé pour intervenir rapidement si jamais un cas de coronavirus était détecté au Québec.

Cinq personnes étaient d’ailleurs sous observation à l’hôpital. «On préfère prêcher par excès (de prudence) que de laisser un cas se promener dans la communauté», avait déclaré le Dr Arruda.

Selon lui, rien ne justifiait de recommander aux Québécois de ne pas se rendre en Chine. Cependant, les voyageurs devaient éviter tout contact avec les animaux dans les marchés.

Deux jours plus tard, lors d’un deuxième point de presse, il reprenait son ton rassurant et invitait les Québécois à ne pas céder à une peur irrationnelle et non fondée.

«Le réseau (de la santé) est prêt à faire face à une éventuelle apparition de cas.»

Le Québec ne serait pas pris au dépourvu, ayant déjà pris toutes les mesures requises pour empêcher la maladie de se propager. «La population en général n’a pas à s’inquiéter», a insisté le Dr Arruda.

«Notre réseau de la santé est sous tension» et prêt à toute éventualité, a-t-il poursuivi, convaincu que les autorités de santé publique n’avaient pas dormi «sur la switch».

Le 30 janvier, l’expert en santé publique conviait de nouveau les médias pour rappeler à la population qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter outre mesure. Il a demandé aux Québécois de vivre leur vie normalement.

Le risque d’importation du virus par des voyageurs était jugé faible. «Gardons la tête rationnelle, a-t-il imploré. La peur fait faire des affaires qui n’ont pas de christ de bon sang.»

Il a cité en exemple l’achat massif au Québec de masques, qui pouvaient pourtant nuire à la santé.

Selon lui, une personne qui n’était pas infectée et qui portait le masque ne ferait qu’accumuler des sécrétions et finirait par se contaminer.

Les masques devaient être réservés au personnel soignant et aux patients chez qui une infection était suspectée, a-t-il martelé lors de ce troisième point de presse.

Ceux qui étaient inquiets n’avaient qu’à se laver les mains plusieurs fois par jour et pratiquer l’hygiène respiratoire, c’est-à-dire tousser dans leur coude.

«Si le masque était une mesure de protection significative, je le recommanderais, a déclaré Horacio Arruda. Pourquoi je me priverais d’une chose simple qui pourrait aider? Mais ça peut nuire, au contraire.»

Le Québec, prêt?

Le gouvernement a fini par imposer le port du masque dans les espaces publics sept mois plus tard, en juillet 2020.

Complètement pris de court par l’ampleur de la crise dans les CHSLD, il s’est ensuite retrouvé plusieurs fois en manque de personnel, en plus de frôler la pénurie d’équipement.

Plus de 9000 Québécois sont décédés de la COVID-19 depuis le début de la crise, contre environ 5500 décès en Ontario et 1500 en Alberta.

Laisser un commentaire