Il y a cinq ans, trois policiers de la GRC tombaient sous les balles à Moncton

MONCTON, N.-B. — Le commandant de la Gendarmerie royale du Canada au Nouveau-Brunswick demande à la population de continuer à honorer la mémoire des trois policiers tués par un forcené à Moncton il y a cinq ans.

Fabrice Gevaudan, Dave Ross et Doug Larche ont été abattus le 4 juin 2014 par Justin Bourque, qui avait pris pour cible des policiers dans l’espoir de susciter une rébellion antigouvernementale; leurs collègues Éric Dubois et Darlene Goguen avaient aussi été blessés dans la fusillade.

Le commissaire adjoint Larry Tremblay écrit que «nous n’oublierons jamais la peur que nous avons ressentie et les collègues que nous avons perdus» ce jour-là. «Mais nous n’oublierons pas non plus la façon dont les Néo-Brunswickois ont fait preuve de résilience, de courage et d’ouverture pour nous soutenir au moment où nous en avions besoin.

«Certains jours, c’est comme s’ils étaient présents, car notre chagrin et notre douleur sont aussi intenses qu’il y a cinq ans, écrit dans une lettre ouverte le commandant divisionnaire de la GRC au Nouveau-Brunswick. À d’autres moments, on dirait que ça fait longtemps qu’ils nous ont quittés et que cette tragédie nous a tous changés et redéfinis.»

M. Tremblay rappelle que tous les spécialistes de première ligne qui ont répondu à l’appel ce soir-là ont fait preuve de professionnalisme et de dévouement.

Lors de la recherche du tireur embusqué, les autorités avaient demandé aux résidants de la région de Moncton de rester chez eux et d’ouvrir la lumière de leur balcon. Des lumières se sont allumées un peu partout dans la ville — mais aussi au-delà, en signe de solidarité avec les policiers.

M. Tremblay indique aujourd’hui que cette manifestation de soutien, accompagnée d’une avalanche de fleurs, de cartes, de ballons et de simples gestes de remerciement, avait aidé la police à traverser une période très difficile.

Le commandant rappelle que les citoyens peuvent honorer la mémoire des policiers en faisant preuve de bienveillance envers les autres et en contribuant à la sécurité de la communauté.

Un monument avec les statues des trois policiers au jardin de l’Honneur, dans le parc Riverain de Moncton, rappelle de façon durable le dévouement de ces trois hommes — policiers, maris et pères.

La GRC a été condamnée à payer 550 000 $ pour avoir omis d’armer et de former correctement ses policiers afin de faire face à une fusillade de ce type. Les carabines n’étaient pas à la disposition des policiers de patrouille au moment de la fusillade à Moncton. Au cours d’un procès pour violations du Code canadien du travail, plusieurs témoins ont soutenu que cet arsenal aurait pu faire la différence en ce 4 juin 2014.

Les carabines à forte puissance avaient été approuvées par l’état-major de la GRC en 2011, mais leur déploiement a ensuite été retardé à plusieurs reprises.