Il y a un an, le premier premier cas de COVID-19 au Québec

MONTRÉAL — Il est arrivé il y a un an sans tambour ni trompette, mais depuis, il a fait beaucoup de bruit: le 27 février 2020, un premier cas probable de coronavirus a été identifié au Québec. Il a été confirmé par les autorités le lendemain.

Il s’agissait d’une femme de 41 ans de la région de Montréal. Elle s’est présentée d’elle-même dans un hôpital, le soir même de son retour au Québec. Elle revenait d’Iran, après une escale à Doha, au Qatar.

L’échantillon prélevé a été remis au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg pour confirmation, une étape qu’il fallait encore effectuer à ce moment. 

Le test s’est révélé positif. Le 28 février, les Québécois en ont été informés.

Ce jour-là, il n’y avait que 14 cas confirmés au Canada, après un premier annoncé le 25 janvier, soit environ un mois plus tôt.

Mais ces chiffres allaient bientôt se multiplier et faire boule de neige.

En cette fin de février 2020, il y avait plus de questions que de réponses au sujet de ce nouveau coronavirus. Mais bientôt, il allait bouleverser tous les aspects de la vie des Québécois.

La relâche scolaire commençait ce week-end là au Québec. Les aéroports étaient bondés, comme à l’habitude. Plus tard, lorsque Montréal est devenue l’épicentre de la pandémie de la COVID-19 au Canada, le gouvernement de François Legault a maintes fois blâmé la semaine de relâche pour expliquer pourquoi il y avait plus de cas ici que dans les autres provinces: au Québec, elle est arrivée au pire moment de la crise du coronavirus, selon lui. Dans d’autres provinces, le congé scolaire du printemps a eu lieu plus tard, alors que plusieurs mesures de prévention étaient déjà en place.

Le second cas de COVID-19 a été annoncé par les autorités sanitaires québécoises le 5 mars. C’est un homme de Mont-Laurier, revenu d’Inde à la fin février, qui a reçu un diagnostic positif. Le troisième cas sera confirmé le même jour: cette fois-là, le voyageur infecté revenait de France.

Alors que tous les yeux inquiets étaient tournés vers la Chine, le berceau de la maladie, les trois premiers Québécois ont été infectés dans d’autres pays.

À ce moment, celle qui était alors ministre de la Santé, Danielle McCann, qualifie toujours le risque de propagation au Québec de «faible». 

L’Inquiétude se répand toutefois dans la province, alors que des images horribles des hôpitaux débordés nous viennent d’Italie. Au Québec, au début du mois de mars, les masques et le désinfectant commencent à manquer dans les magasins: certains se mettent à les rationner.

Le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie était désormais une «pandémie». À ce moment, il n’y a que neuf cas confirmés d’infection au Québec et la catastrophe pouvait sembler bien loin pour la plupart des citoyens.

Mais le 12 mars, les autorités, en alerte depuis un moment, imposent les premières mesures sanitaires: Québec rend obligatoire l’isolement volontaire de 14 jours pour toutes les personnes revenant de l’étranger et demande l’annulation de tous les rassemblements intérieurs de plus de 250 personnes. Les événements culturels commencent à être reportés ou annulés: la Ligue nationale de hockey (HNL) suspend la tenue des matchs de la saison régulière.

Le 13 mars, le gouvernement de François Legault annonce la fermeture des garderies, des écoles, des cégeps et des universités pour deux semaines — la première province canadienne à le faire.

Et le lendemain, un grand coup est donné: le 14 mars, pour la première fois de son histoire, le gouvernement du Québec a décrété l’état d’urgence sanitaire, une mesure temporaire qui donne des pouvoirs exceptionnels aux autorités pour endiguer la progression de la COVID-19. Le chef du gouvernement parle «d’une course contre la montre». Les Québécois de 70 ans et plus sont invités à rester à la maison «pour un certain nombre de semaines». Toutes les visites dans les CHSLD, les hôpitaux et les résidences pour personnes âgées sont interdites.

Et ce n’est alors qu’un début: peu à peu, les mesures pour freiner la propagation se multiplient. De nombreux lieux publics doivent fermer, comme les bars, les gymnases, les salles de spectacle, les piscines et les arénas. Les restaurants doivent diminuer leur capacité de moitié. Le télétravail doit être privilégié pour tous les secteurs et types d’emplois où il est possible de travailler à distance. On est alors à la mi-mars, et bien d’autres fermetures auront encore lieu. 

C’est le début du premier confinement. Le Québec sera mis «sur pause». Comme ailleurs, les gens se ruent dans les épiceries.

Quelques jours plus tard, le 18 mars, le Québec rapporte tristement son premier décès: il s’agit de Mariette Bernier-Tremblay, une grand-mère de 82 ans habitant dans une résidence pour aînés de Lanaudière. 

Au même moment, le Québec passe le cap des 100 cas confirmés.

Au total, près d’une cinquantaine de personnes habitant la même résidence qu’elle ont été infectées et six de ses résidants ont perdu la vie. 

Cette éclosion a marqué le début d’une hécatombe dans de nombreuses résidences pour aînés à travers le Québec, comme les CHSLD Herron de Dorval et Sainte-Dorothée à Laval.

Les mesures sanitaires entraînent de lourdes conséquences pour beaucoup de Québécois: les chirurgies sont reportées dans les hôpitaux qui se préparent à la possibilité d’accueillir un raz-de-marée de cas de COVID-19, des gens se retrouvent isolés et souffrent en silence, des dizaines de milliers de Québécois perdent leur emploi, et pour eux, la précarité financière s’ajoute aux autres défis.

Pour passer à travers cette période sombre, le gouvernement Legault adopte informellement le slogan «ça va bien aller», dont les enfants tapissent leurs dessins qui se retrouvent dans les fenêtres des maisons un peu partout, accompagnés d’un arc-en-ciel.

On ne le savait pas encore à ce moment, mais cette période est devenue connue comme la «première vague» de la COVID-19.

Un an plus tard, la maladie a fait plus de 10 300 morts au Québec et plus de 285 000 personnes ont été infectées par le virus.

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