«Ils nous ont fait croire qu’on n’avait pas d’âme», dit une survivante de Marieval

PREMIÈRE NATION DE COWESSESS, SASKATCHEWAN, CANADA — Une aînée de la Première Nation de Cowessess, en Saskatchewan, témoigne de l’expérience déshumanisante qu’elle a vécue à l’intérieur des murs du pensionnat Marieval, où l’on vient de découvrir des centaines de sépultures anonymes.

Florence Sparvier, âgée de 80 ans, a raconté jeudi qu’elle avait fréquenté cette école catholique lorsqu’elle était enfant.

«Ils nous ont fait croire qu’on n’avait pas d’âme», a partagé la dame qui est aujourd’hui gardienne du savoir traditionnel de la Première Nation de Cowessess.

«Ils nous rabaissaient en tant que peuple, alors on a appris à ne pas aimer qui nous étions», a-t-elle ajouté. 

Ce sont ses parents qui l’ont conduite au pensionnat, mais pas par choix.

«À l’époque, si les parents ne voulaient pas que leurs enfants aillent au pensionnat, l’un d’eux devait aller en prison. Alors, pour garder la famille unie, nous sommes allés au pensionnat», a relaté Mme Sparvier.

Elle faisait partie de la troisième génération de sa famille à fréquenter le pensionnat de Marieval après sa mère et sa grand-mère. Elle a également passé du temps au pensionnat de l’école industrielle de Qu’Appelle.

Florence Sparvier se souvient très bien que les religieuses de Marieval faisaient tout pour dépouiller les enfants de leur savoir et de leur identité autochtone.

«On a appris. Elles nous l’ont fait rentrer de force. Et elles étaient très méchantes. Quand je dis rentrer de force, je veux dire de force.»

«On devait apprendre à devenir des catholiques romains, explique Mme Sparvier. On ne pouvait pas dire nos propres petites prières comme on le faisait à la maison.»

«On avait notre propre façon de rendre hommage et d’honorer notre mère la Terre dans nos maisons quand nous étions petites, mais on devait oublier tout ça», dit-elle en insistant sur le fait que les religieuses enseignantes répudiaient les Premières Nations.

Jeudi, la Première Nation de Cowessess a révélé avoir découvert les sépultures anonymes de 715 personnes sur le site de l’ancien pensionnat de Marieval. Une nouvelle qui fait écho à la découverte de 215 sépultures anonymes, le mois dernier, sur le terrain d’un autre ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique.

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