Immeuble des peuples autochtone: les Métis veulent leur propre jeu de clés

OTTAWA — Le Ralliement national des Métis veut pouvoir accéder en tout temps à l’Immeuble des peuples autochtones situé en face de la Colline du Parlement, dans l’ancienne ambassade des États-Unis.

Les dirigeants du Ralliement national des Métis, de l’Assemblée des Premières Nations et de l’organisation Inuit Tapiriit Kanatami se sont rencontrés la semaine dernière pour discuter de l’état de l’immeuble, sis au 100, rue Wellington.

L’immeuble était vacant depuis deux décennies lorsque le premier ministre Justin Trudeau s’est engagé en 2017 à dédier l’édifice aux peuples autochtones du Canada. Depuis, les trois principaux regroupements autochtones du pays collaborent avec le gouvernement afin que l’endroit reflète bien leur histoire et leur identité culturelle.

Ces organisations pourraient aussi avoir leurs bureaux à l’intérieur de l’édifice. Certains endroits pourraient être ouverts à des visites publiques. Les travaux sont presque terminés, mais l’immeuble n’a pas encore officiellement ouvert ses portes.

Le vice-président du Ralliement national des Métis, David Chartrand, dit avoir raconté à ses collègues qu’il avait récemment voulu faire visiter le bâtiment à une délégation métisse. Il avait alors dû envoyer des demandes à plusieurs fonctionnaires fédéraux avant d’y pénétrer, une situation qu’il a jugée frustrante.

Selon lui, les dirigeants autochtones ne devraient pas avoir à demander la permission des bureaucrates fédéraux pour accéder à l’endroit. Il réclame que les trois organisations autochtones nationales aient leurs propres jeux de clés pour le bâtiment.

«Cela a pris du temps et le temps n’était pas très clément à l’extérieur. Certains des membres de la délégation sont partis en disant qu’elle allait revenir», a relaté M. Chartrand. Si c’est notre immeuble, pourquoi n’en avons-nous pas les clés?»

Au cours de leur rencontre, les dirigeants ont exprimé des sentiments de frustration au sujet du peu de contrôle qu’ils ont eu sur ce projet.

«Nous sommes préoccupés par l’aspect bureaucratique du projet. Les bureaucrates semblent croire qu’ils ont toujours leur mot à dire et qu’ils peuvent contrôler qui pourrait accéder à l’immeuble, a déploré M. Chartrand. Nous savons et comprenons qu’il y a encore des travaux, mais nous voulons pouvoir dire notre opinion. C’est notre édifice. On devrait avoir le droit d’y entrer.»

L’ouverture officielle de l’Immeuble devait se dérouler au cours de l’été, mais ces plans sont au point mort depuis que les Algonquins ont réclamé d’être partenaires du projet à part entière. Les négociations à ce sujet sont en cours.

L’été dernier, des membres de la nation algonquine Anishinabeg avaient installé un wigwam d’écorce de bouleau en face de l’immeuble. La grande cheffe du Conseil tribal de la nation algonquine anishinabeg, Verna Polson, avait amorcé une grève de la faim réclamant un espace égal dans l’édifice situé un territoire algonquin non cédé.

La protestation a duré un peu plus de 40 heures. Le cabinet de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett avait promis de négocier le rôle que jouerait la nation algonquine.

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