Incident à la sécurité sur son turban: Bains espère que des leçons seront tirées

TORONTO — Le ministre fédéral de l’Innovation, Navdeep Bains, a affirmé qu’il lui avait été demandé de retirer son turban aux douanes, à l’aéroport de Détroit, il y a un an, et qu’il avait été autorisé à passer seulement après que le personnel de sécurité eut réalisé qui il était.

M. Bains, qui participait jeudi à un forum des femmes du G7 à Toronto, a commenté l’affaire relevée le même jour par La Presse, et en a profité pour illustrer la discrimination qui prévaut encore et l’importance de parler de ces enjeux.

Le ministre a décrit qu’après un premier excès de zèle de la part de responsables de la sécurité qui souhaitaient qu’il retire son turban, il a été autorisé à passer. Toutefois, il a été ramené à l’écart en raison d’un problème avec un contrôle par prélèvement — utilisé notamment pour la détection de traces d’explosifs —, et s’est fait demander une seconde fois de retirer son turban.

M. Bains a indiqué qu’il ne l’avait finalement jamais retiré, estimant qu’il n’y avait aucune raison pour les responsables de la sécurité d’agir ainsi.

M. Bains porte le turban en respect de la religion sikhe.

Bien qu’il ait éventuellement été autorisé à prendre place à bord après avoir montré son passeport diplomatique et fait état de ses fonctions gouvernementales, il a fait valoir que son titre de ministre n’avait rien à voir avec la situation.

«Peu importe votre statut, votre position. Il s’agit vraiment de s’assurer qu’il n’y ait pas de discrimination, que les gens soient traités de manière juste et avec respect», a-t-il affirmé.

M. Bains a relaté son expérience à sa collègue ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui était à Washington jeudi pour la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Mme Freeland a indiqué que des responsables de son ministère avaient soulevé la question auprès de leurs homologues américains.

Les États-Unis ont exprimé leurs regrets et se sont excusés auprès de M. Bains.

«Ce que j’espère, c’est que maintenant que j’en parle, que cela a été mis en lumière publiquement, que nous puissions éviter ce genre de situations à l’avenir», a dit M. Bains.