Inconduites sexuelles: il n’y a pas de mode d’emploi, dit Trudeau

OTTAWA — Il n’y a pas de mode d’emploi pour savoir comment gérer les allégations d’inconduites sexuelles, a affirmé le premier ministre Justin Trudeau lors d’un point de presse, mardi, alors qu’une de ses députées propose de revoir à nouveau le Code de conduite sur le harcèlement sexuel entre députés de la Chambre des communes.

«Je n’ai pas reçu, quand je suis devenu chef du parti, un manuel passé de main en main depuis Wilfrid Laurier pour me dire comment gérer ces enjeux-là», a-t-il ironisé.

Il répondait à la question d’une journaliste qui lui demandait pourquoi le député Kent Hehr fait toujours partie du caucus libéral malgré les allégations dont il fait l’objet. Celui-ci a démissionné de son poste de ministre la semaine dernière le temps qu’une enquête indépendante soit menée.

Une ex-employée de l’Assemblée législative de l’Alberta l’avait accusé sur Twitter d’avoir tenu des propos déplacés à son endroit lorsqu’il était député provincial. Il aurait également eu un geste déplacé à l’endroit d’une employée au parlement depuis son arrivée à Ottawa comme député fédéral.

Justin Trudeau a indiqué que comme dans beaucoup de milieux de travail, il tente de «développer des outils pour une situation qui est tout à fait nouvelle».

Il affirmé qu’il fallait d’abord croire les victimes alléguées et ensuite se fier à un processus équitable pour faire la lumière sur les faits reprochés.

«Déjà de commencer par une position d’appui et de croyance, c’est essentiel et ça représente un changement profond dans notre société», a-t-il dit.

Justin Trudeau n’avait pas hésité en 2015 à exclure du caucus libéral les députés Massimo Pacetti et Scott Andrews qui faisaient alors l’objet d’allégations d’inconduites sexuelles envers deux députées du Nouveau Parti démocratique (NPD). Les libéraux étaient alors dans l’opposition.

L’ex-ministre Hunter Tootoo a également quitté le caucus libéral en 2016 parce qu’il aurait eu une relation «consensuelle, mais inappropriée» avec une employée. Le député du Nunavut siège maintenant comme indépendant.

Plus récemment, en août, le député albertain Darshan Kang a lui aussi quitté le caucus libéral, soupçonné de harcèlement sexuel envers deux employées.

Nouveau code de conduite?

Les libéraux veulent entamer une nouvelle révision du Code de conduite sur le harcèlement sexuel entre députés de la Chambre des communes élaboré en 2015. Cette politique définit la marche à suivre en cas de plainte.

La whip adjointe du gouvernement, Filomena Tassi, a déposé une motion pour que soit créé un sous-comité qui s’y consacrerait et qui serait composé de quatre libéraux, deux conservateurs et un député du NPD. Cette proposition sera examinée par le comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre jeudi.

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