Inde: les secouristes cherchent 37 travailleurs coincés après une inondation massive

RUDRAPRAYĀG, Inde — Des secouristes travaillaient lundi, dans le nord de l’Inde, pour sauver une trentaine de travailleurs de centrale électrique piégés dans un tunnel après qu’une partie d’un glacier himalayen s’est rompue, envoyant une bonne quantité d’eau et de débris dévaler la montagne, une catastrophe qui a fait au moins 26 morts et 165 disparus.

Plus de 2000 membres de l’armée, de groupes paramilitaires et de la police ont pris part à des opérations de recherche et de sauvetage dans l’État nord de l’Uttarakhand après l’inondation de dimanche, qui a détruit un barrage, endommagé un autre et emporté des maisons.

Des responsables ont déclaré que l’objectif était de sauver 37 travailleurs coincés dans un tunnel de l’une des centrales hydroélectriques touchées. Des excavateurs ont été utilisés pour atteindre les travailleurs, avec qui il n’y a eu aucun contact depuis l’inondation.

«Le tunnel est rempli de débris provenant de la rivière. Nous utilisons des machines pour dégager la voie», a déclaré H. Gurung, un haut responsable de la police paramilitaire aux frontières indo-tibétaine.

Les autorités craignent que plusieurs autres soient morts et recherchaient des corps à l’aide de bateaux. Les équipes de sauvetage ont également marché le long des berges de la rivière et ont utilisé des jumelles pour rechercher des corps qui auraient pu être emportés en aval.

L’inondation a été provoquée lorsqu’une partie du glacier Nanda Devi s’est détachée, dimanche matin, libérant de l’eau emprisonnée derrière lui. Les experts ont déclaré que la catastrophe pourrait être liée au réchauffement climatique et qu’une équipe de scientifiques a été transportée sur le site, lundi, pour enquêter sur ce qui s’était passé.

Les eaux de crue se sont précipitées vers le bas de la montagne et dans d’autres plans d’eau, forçant l’évacuation de nombreux villages le long des rives des rivières Alaknanda et Dhauliganga. Une vidéo montre les eaux de crue boueuses déferlant dans un barrage, le brisant en morceaux avec peu de résistance.

Une centrale hydroélectrique sur l’Alaknanda a été détruite et une usine en construction sur la Dhauliganga a été endommagée, a déclaré Vivek Pandey, un porte-parole de la police des frontières indo-tibétaine. Sortant des montagnes himalayennes, les deux rivières se rencontrent avant de fusionner avec le Gange.

Les travailleurs piégés se trouvaient à l’usine de Dhauliganga, où, dimanche, 12 travailleurs ont été sauvés d’un tunnel séparé.

Un haut responsable du gouvernement a déclaré à l’Associated Press qu’il ne connaissait pas le nombre total de personnes qui travaillaient dans le projet de Dhauliganga. «Le nombre de personnes disparues peut augmenter ou diminuer», a affirmé S. A Murugesan.

M. Pandey a indiqué lundi que 165 travailleurs des deux usines, sans compter ceux emprisonnés dans le tunnel, étaient portés disparus et qu’au moins 26 corps avaient été retrouvés.

Les personnes rescapées dimanche ont été transportées à l’hôpital, où elles se remettaient de leurs blessures.

Des projets hydroélectriques longent plusieurs rivières de la région himalayenne inondée. Les autorités ont déclaré qu’elles avaient été en mesure de sauver les boîtiers d’alimentation en aval grâce à leur décision d’ouvrir les barrages pour relâcher l’eau.

Les inondations ont aussi endommagé des maisons, mais il n’y a pas encore de données précises à ce sujet. Idem pour le nombre exact de résidents blessés, disparus ou décédés dans les villages qui accostent les deux rivières.

Des représentants gouvernementaux ont largué de la nourriture et des médicaments à au moins deux villages inondés.

Plusieurs ont déjà commencé à montrer du doigt les changements climatiques comme un élément déclencheur de cette catastrophe, en raison de la fonte des glaciers. Toutefois, d’autres facteurs peuvent expliquer l’effondrement des glaciers, comme l’érosion, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques et une accumulation de la pression de l’eau.

«C’est vraisemblablement un événement causé par les changements climatiques», a avancé Anjal Prakesh, le directeur de la recherche du Indian School of Business, qui a contribué à une étude des Nations unies sur les changements climatiques.

– Par Biswajeet Banerjee et Rishabh R. Jain, The Associated Press

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