Inflation et difficulté de recrutement: le front commun dépose ses demandes vendredi

MONTRÉAL — C’est dans un contexte inflationniste, alors que les réseaux de la santé et de l’éducation éprouvent des difficultés de recrutement de personnel, que le front commun intersyndical déposera ses demandes, vendredi, en vue du renouvellement des conventions collectives.

Ces conventions, qui arriveront à échéance le 31 mars prochain, concernent plus d’un demi-million d’employés de l’État.

Ceux-ci, qui ont touché des augmentations de 2 % par année, en général, dans le cadre des contrats de travail 2020-2023, espèrent donc obtenir des augmentations qui maintiendront leur pouvoir d’achat, dans le contexte actuel d’inflation.

Cette fois-ci, le front commun est constitué de la CSQ, de la CSN, de la FTQ et de l’APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux). 

La FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé), qui représente la grande majorité des infirmières et infirmières auxiliaires, ne fait pas partie du front commun. Elle déposera ses propres demandes en novembre.

En plus du contexte inflationniste, il y a les difficultés de recrutement du personnel: infirmières, enseignants, professionnels de l’éducation, employés dans les services sociaux, par exemple.

Québec et les syndicats devront trouver moyen de retenir ces travailleurs et d’attirer des candidats. Cela passe bien sûr par les salaires, mais aussi par les conditions de travail: surcharge de travail, stabilité des horaires, postes à temps plein et attrayants, par exemple.

La dernière négociation, qui s’était déroulée au plus fort de la pandémie de la COVID-19, avait permis de réaliser des gains notables, parmi lesquels une reconnaissance des préposés aux bénéficiaires et un rattrapage salarial pour les enseignants du primaire et du secondaire. Les augmentations de salaire avaient aussi été plus marquées pour les plus bas salariés.

Lors de la négociation des conventions 2020-2023, les syndicats avaient fait bande à part, incapables de reconstituer un front commun. L’APTS et la FIQ avaient bien formé une alliance, mais celle-ci n’avait pas tenu jusqu’au bout.

Cette fois, les trois centrales syndicales et l’APTS ont fait le pari qu’en unissant leurs forces, elles parviendront à obtenir des gains suffisants pour leurs membres, dont l’appétit est grand, vu le contexte.

La pratique veut qu’après le dépôt des demandes du front commun, le gouvernement du Québec dépose ses offres à la fin de novembre ou dans la première moitié du mois de décembre. Les négociations s’enclenchent au début de l’année qui suit.

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, qui avait mené la précédente négociation, a été reconduite dans ses fonctions dans le nouveau gouvernement Legault; le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, aussi. Les syndicats ont cependant devant eux un nouveau ministre de l’Éducation, Bernard Drainville.

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