Inondations: des producteurs de fruits et légumes de la C.-B. face à l’incertitude

Alors que sa maison et son champ agricole restent inondés, Curtis Sandhu dit que sa famille envisage de reconstruire après la rupture d’une digue et les inondations dévastatrices qui ont touché la zone agricole de Sumas Prairie, à l’est de Vancouver, la semaine dernière.

L’inondation est survenue un peu plus de quatre mois après qu’une vague de chaleur à la fin du mois de juin ait «brûlé» toute leur récolte de framboises et environ un quart de l’ensemble de leurs cultures de fruits et légumes, a indiqué M. Sandhu.

La famille de M. Sandhu est arrivée au Canada au début des années 1960 et s’est lancée dans l’agriculture environ dix ans plus tard. Aujourd’hui, le jeune homme de 27 ans et ses parents cultivent une variété de baies et de légumes sur environ 120 hectares, tandis que plusieurs autres membres de la famille ont des fermes à proximité dans la région d’Abbotsford.

«Vous passez 45 ans à construire quelque chose et de voir tout s’envoler en six heures environ, c’est difficile à voir, n’est-ce pas?», a dit M. Sandhu. «Mais, vous savez, nous sommes une famille d’immigrants qui travaillons fort et mon père a dit, eh bien, nous n’allons pas aller n’importe où, nous ne pouvons pas aller n’importe où, c’est notre maison et nous n’allons pas nous arrêter».

M. Sandhu et sa famille ont quitté leur résidence mardi dernier à la suite d’un ordre d’évacuation. Le lendemain, ils ont reçu des photos montrant leurs plants de baies à près de deux mètres sous l’eau. 

Ils se sont demandés si leur maison, construite sur un terrain plus élevé, allait s’en sortir. Une visite en bateau samedi dernier a révélé plus d’un mètre d’eau à l’intérieur.

Selon M. Sandhu, une grande partie des fruits et légumes produits dans la province sont cultivés dans la prairie de Sumas. Les agriculteurs auront besoin d’aide une fois que les eaux se seront retirées. Ils devront réparer leurs maisons, leurs infrastructures et leurs sols afin de pouvoir continuer à produire des cultures qui nourrissent les gens dans tout le pays.

«Près de 60 producteurs de bleuets et 8,5 kilomètres carrés de baies ont été touchés par les inondations, ainsi que 33 hectares de framboises qui devront être arrachés et replantés», a déclaré la ministre de l’Agriculture Lana Popham lors d’une conférence de presse jeudi.

«Environ 4 000 tonnes de légumes entreposés ou non récoltés sont probablement perdus, principalement dans les régions de Sumas Prairie et de Fort Langley, avec des impacts importants sur les choux, les choux-fleurs, les choux de Bruxelles, les carottes et les poireaux», a ajouté Mme Popham.

Interrogé sur la possibilité d’une aide financière, le ministre de la Sécurité publique, Mike Farnworth, a déclaré que la province travaille avec le gouvernement fédéral pour déterminer où les lacunes des programmes d’assurance, de catastrophe et d’aide à l’agriculture existants doivent être comblées.

David Gill est l’un des producteurs de bleuets dont la propriété de Sumas Prairie a été inondée. Ses champs, son installation d’emballage, ses tracteurs et des centaines de milliers de dollars d’équipement de haute technologie ont été submergés dans plus de deux mètres d’eau.

«C’est le travail de ma vie», a déclaré le jeune homme de 28 ans lors d’une entrevue.

La famille de M. Gill cultive des bleuets depuis les années 1990 et s’est lancée dans l’emballage et la commercialisation pour représenter une trentaine de producteurs de la région.

Depuis l’inondation, ces producteurs s’inquiètent de savoir si M. Gill sera en mesure de recevoir leurs fruits, de les emballer et de les mettre sur le marché au cours de la prochaine saison.

Les bleuets sont le premier fruit exporté du Canada en volume et en valeur, et la région d’Abbotsford est un «point chaud» pour leur production. Selon M. Gill, les bleuets avaient déjà «énormément souffert» pendant la vague de chaleur, qui a brûlé presque la moitié de ses cultures.

Il faut parfois plusieurs années pour que le sol soit propice à la culture des bleuets, a ajouté M. Gill, qui s’inquiète de l’impact des contaminants présents dans les eaux de crue.

Alors que les légumes peuvent être replantés chaque année, les plants de bleuets doivent être entretenus pendant des années, pour devenir d’abord assez résistants pour être plantés à l’extérieur, puis assez robustes pour être récoltés, a déclaré M. Gill, ajoutant que les nouveaux plants de bleuets étaient déjà rares.

Il faut généralement au moins six ans pour voir des bénéfices après avoir planté des bleuets, a-t-il ajouté.

«Nous sommes absolument dévastés et nous avons besoin d’une aide financière et d’une assistance le plus rapidement possible».

Comme M. Sandhu, M. Gill a pour objectif de reconstruire.

«J’ai reçu cette entreprise de mes parents et je n’ai pas l’intention de déménager», a-t-il affirmé. 

M. Gill veut une garantie que les gouvernements fédéral, provincial et local feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher des inondations aussi dévastatrices à l’avenir,  y compris la fortification des digues le long d’une station de pompage clé qui a failli céder lors de l’inondation.

«Je veux m’assurer que nous reconstruisons plus fort et que nous faisons à nouveau de la prairie de Sumas un joyau brillant».

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