Inquiet de la censure dans les universités, le PLQ demande à McCann d’agir

QUÉBEC — Préoccupé par la montée de la censure, l’opposition officielle demande au gouvernement Legault de convoquer les universités en commission parlementaire.

Le Parti libéral (PLQ) a manifesté son inquiétude à la suite du dépôt d’un rapport sur l’avenir des universités, issu d’un groupe de travail présidé par le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion.

Ce rapport s’inquiète notamment de la censure imposée par des groupes à l’interne qui menacent la liberté académique et l’espace de libre débat qu’est censé être l’établissement universitaire.

«Je suis contente qu’on aborde cet enjeu, c’est un sujet qui commence à m’inquiéter», a affirmé la porte-parole du Parti libéral (PLQ) en matière d’enseignement universitaire, Christine St-Pierre, en entrevue avec La Presse Canadienne mardi.

«Les auteurs mettent le doigt sur un danger, un courant qui semble prendre de l’ampleur et qui a pris naissance aux États-Unis.»

La députée libérale d’Acadie évoque un exemple récent: cette enseignante de l’université Concordia qui a été dénoncée par la voie d’une pétition étudiante parce qu’elle a dit le mot «nègre» en citant l’ouvrage «Nègres blancs d’Amérique» de Pierre Vallières. L’enseignante s’est finalement désistée.

Dany Laferrière

«Est-ce que cela veut dire qu’on ne pourrait enseigner une partie de l’oeuvre de Dany Laferrière, dont l’ouvrage « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer »?» a demandé Mme St-Pierre.

Le groupe de travail réclame un «énoncé» du gouvernement du Québec qui reconnaîtrait «la liberté académique comme condition nécessaire d’accomplissement (…) de la mission universitaire (…) et la protection appropriée des membres de la communauté universitaire».

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a refusé de prendre position sur le rapport. Son porte-parole a dit en matinée qu’elle souhaite d’abord entamer des rondes de consultations en ligne.

Des audiences

Mme St-Pierre l’appelle plutôt à prendre l’initiative. La ministre pourrait très bien s’engager à adopter cet énoncé, selon elle. Et par ailleurs, la dernière commission parlementaire sur les universités a été tenue au début des années 2000 et il est temps d’agir, a plaidé la porte-parole libérale.

«On pourrait tenir des audiences et tous les parlementaires pourraient travailler dans le même sens», a-t-elle dit. En outre, le gouvernement doit en profiter pour mettre à jour sa Politique sur les universités qui date aussi des années 2000, a souligné Mme St-Pierre.

Très étoffé avec plus d’une centaine de pages, le rapport du groupe de travail contient un très grand nombre de propositions, que ce soit sur le financement, l’interdisciplinarité, la diplomation, etc.

Il recommande aussi aux universités de viser la parité hommes-femmes dans le corps professoral d’ici à 2030, ce qui est loin d’être le cas actuellement.  

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