INSPQ: il faut un retour en classe avec «de fortes mesures de distanciation»

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) prévient qu’il faut maintenir «de fortes mesures de distanciation sociales» pour empêcher que le retour à l’école s’accompagne d’une recrudescence de la transmission de la COVID-19 dans la population.

L’INSPQ a tenu à publier cette mise en garde sur son compte Twitter lundi soir après qu’un message, publié plus tôt dans la journée, ait suscité plusieurs réactions, notamment de la part de la députée du Parti Québécois Véronique Hivon.

En fin d’après-midi lundi, le centre d’expertise et de référence en matière de santé publique au Québec a publié un communiqué dans lequel il indique «qu’une stratégie où on laisserait les jeunes s’infecter risque d’entraîner une forte augmentation de la maladie chez les adultes et de besoins en services hospitaliers et en soins intensifs sans atteindre la cible d’immunité de groupe recherchée».

Cette publication a fait réagir la député péquiste Véronique Hivon qui a notamment posé cette question sur Twitter:

«Je comprends que l’INSPQ met donc la stratégie de l’immunité collective de côté?»

Quelques minutes après la publication de la députée de Joliette, l’Institut national de santé publique du Québec a offert plus de détails :

«Pour préciser – Dans le contexte actuel, pour empêcher que le retour à l’école ou à la garderie s’accompagne d’une recrudescence de la transmission chez les adultes, il faudra que ce retour se fasse tout en maintenant de fortes mesures de distanciation sociales» a écrit l’INSPQ sur Twitter.

L’infection des enfants contribuerait à une transmission substantielle

Dans une analyse publiée sur son site web, l’INSPQ indique que  les jeunes de moins de 20 ans représentent 20 % de la population québécoise et que même «s’ils devenaient tous infectés grâce à un retour à l’école, le Québec serait loin d’avoir suffisamment d’individus immuns pour profiter d’une immunité de groupe».

Par contre, met en garde l’institut, «il est certain que l’infection des enfants contribuerait à une transmission substantielle de la COVID-19 à leurs parents et aux autres adultes qui les entourent et pourrait ainsi entraîner un grand nombre d’hospitalisations sur une courte période avec un potentiel réel de dépassement de la capacité du réseau de la santé tant dans les grands centres urbains que dans les régions».

Le même document indique également que même si les gens âgés de moins de 70 ans ont un risque de décès moindre que ceux qui sont plus âgés, une proportion non négligeable d’entre-eux développent une infection sévère nécessitant une admission aux soins intensifs et parfois en décèdent.

Toujours selon l’Institut national de santé publique du Québec, les mesures de distanciation physique et de confinement mises en place au début de la crise pourraient avoir sauvé jusqu’à présent «plusieurs dizaines de milliers de vies».

Lundi, le gouvernement du Québec a décidé de rouvrir les écoles primaires et les garderies le 11 mai prochain dans toutes les régions, sauf la grande région de Montréal, où la COVID-19 frappe le plus fort. Les écoles secondaires, les cégeps et les universités demeureront fermés jusqu’à la fin d’août. 

 

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