Insulte en Chambre: François Legault s’étonne que Pierre Arcand ne soit «pas mort»

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a insulté le député libéral Pierre Arcand, mercredi, à l’Assemblée nationale, en se montrant étonné qu’il soit toujours vivant.

«Il est pas mort, lui?», s’est interrogé le premier ministre, alors que le député, reconnu pour être un gentleman qui n’attaque jamais personne, se levait en Chambre pour poser une question.

Peu après l’incident, M. Arcand s’est présenté devant les médias, visiblement ébranlé. Il a dit juger qu’en se comportant de la sorte M. Legault n’était pas digne d’être premier ministre du Québec.

Malgré cela, quelques heures plus tard, en mêlée de presse, loin de se rétracter, M. Legault a qualifié son commentaire à l’égard de M. Arcand de «positif».

Ce n’est cependant pas ce qu’a perçu Pierre Arcand. «Je suis ébranlé très fortement par ces propos», a-t-il dit, en ajoutant qu’il y avait «une limite à l’arrogance» du premier ministre.

Il a qualifié le commentaire de «coup en bas de la ceinture» et de manque flagrant de respect envers lui. «Vraiment un « cheap shot »», a résumé l’élu âgé de 70 ans.

«Cela sert à quoi tout ce qu’on a fait, si on est traité comme ça?», s’est-il interrogé, encore sous le choc.

Homme posé et réfléchi, parlementaire d’expérience depuis 2007, ancien ministre et ancien chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ), M. Arcand a la réputation de ne jamais hausser le ton et de se tenir à bonne distance des attaques personnelles.

Dès qu’il a entendu la question particulière du premier ministre, posée à micro fermé vers la fin de la période de questions, le leader parlementaire de l’opposition officielle, André Fortin, a bondi de son siège pour exiger que M. Legault retire ses propos, ce qu’il a fait aussitôt. M. Arcand a accepté ses excuses.

Par la suite, sur les réseaux sociaux, M. Legault a eu recours à l’humour pour justifier son commentaire d’un goût discutable. Il a choisi de qualifier son faux pas de «mauvaise blague», en ajoutant que M. Arcand était son «ami», ce que ce dernier a cependant nié.

La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a renchéri pour affirmer que l’arrogance de M. Legault n’avait plus «aucune limite».  Selon elle, c’est quand les micros sont fermés, les caméras parties, que M. Legault se permet de tenir ce genre de propos déplacés. 

Plus tard, lors d’une brève mêlée de presse, le premier ministre a tenté de faire bonne figure, en affirmant que ses intentions étaient positives et qu’il voulait en fait blâmer Mme Anglade, qui selon lui, «n’utilise pas assez» Pierre Arcand durant la période de questions en Chambre.

«Quand j’ai vu qu’il se levait enfin (pour poser une question), je me suis dit: enfin, il y est pas mort! C’était positif à l’égard de Pierre»,  a fait valoir M. Legault. 

Il s’est défendu de faire preuve d’arrogance, réaffirmant qu’il s’était permis une mauvaise blague, sans plus.