Interdiction de vol: des familles invitées à tester un nouveau système

OTTAWA — Les familles qui ont subi des retards angoissants dans les aéroports après avoir été inscrites par erreur sur des listes d’interdiction de vol seront parmi les premières à tester un nouveau système destiné à résoudre le problème.

Cette décision est la dernière étape fédérale dans la refonte des procédures de contrôle des passagers après de nombreux cas de jeunes enfants arrêtés dans les aéroports parce que leur nom est identique ou semblable à celui d’une personne figurant sur la liste d’interdiction de vol du Canada.

Les passagers qui ont rencontré des difficultés pourront demander un code unique connu sous le nom de «numéro de voyage canadien» pour éviter les fausses correspondances lors de la réservation de vols à destination, en provenance ou à l’intérieur du Canada.

La compagnie aérienne donnera le numéro au gouvernement, qui sera chargé de filtrer les passagers en comparant avec la Liste établie en vertu de la Loi sur la sûreté des déplacements aériens, communément appelée liste d’interdiction de vol.

Les fonctionnaires fédéraux informeront alors le transporteur aérien en cas d’exigences supplémentaires en matière de contrôle ou d’interdiction pure et simple d’autoriser la personne à voler.

Le gouvernement affirme que le nouveau système — qui sera mis en place progressivement au cours des prochaines années — améliorera également la sécurité des voyages aériens et protégera la vie privée des passagers, car les compagnies aériennes, qui utilisent actuellement la liste d’interdiction de vol pour le contrôle, n’y auront plus accès directement.

Les membres du groupe No Fly List Kids, qui ont fait pression sur le gouvernement pour qu’il apporte des changements, ont appris lors d’une récente séance d’information fédérale qu’ils seraient invités dès la fin avril à tester un portail en ligne et un formulaire papier pour demander un numéro de voyage canadien.

La cofondatrice du groupe, Khadija Cajee, a affirmé qu’elle prévoyait demander un numéro pour son fils Adam, 10 ans, qui a subi plusieurs retards à l’aéroport à cause de la liste d’interdiction de vol.

«La dernière fois qu’il a voyagé, la même chose s’est produite», a-t-elle expliqué. «Il n’a pas pu s’enregistrer en ligne.»

Mme Cajee a quitté la séance d’information en ayant bon espoir que le plan du gouvernement de remanier le système de dépistage progressera. «J’ai l’impression qu’ils progressent et progressent assez bien.»

La demande d’un numéro de voyage canadien se ferait sur une base volontaire et n’entraînerait aucun coût, selon la présentation fédérale. Les fonctionnaires s’attendent à ce que le processus de demande soit accessible au grand public en juin.

Les personnes de 16 ans ou plus pourront demander un numéro par elles-mêmes, tandis qu’un parent pourra en demander un pour un enfant de 15 ans ou moins.

Les gens pourront présenter une demande via le site web de la Sécurité publique en créant un compte de numéro de voyage, ou en envoyant un formulaire par voie électronique ou par la poste.

Chaque demandeur devra fournir des informations personnelles telles que le nom complet, la date de naissance et le sexe, ainsi que des copies de documents d’identité valides qui sont utilisés pour les voyages internationaux ou intérieurs.

La Sécurité publique aura besoin de ces informations pour vérifier l’identité du demandeur et distinguer son nom de ceux de personnes qui se retrouvent véritablement sur la liste d’interdiction de vol.

Le gouvernement prévient qu’un numéro de voyage canadien n’empêchera pas les retards si le problème de l’aéroport est lié à la liste de sécurité d’un autre pays ou à une raison autre que le contrôle de sécurité.