IPÉ: fossile de 300 millions d’années découvert par une femme qui promenait son chien

CAP-EGMONT, Î.-P.-É. — Le géologue et paléontologue John Calder affirme que le fossile trouvé le mois dernier à l’Île-du-Prince-Édouard par Lisa Cormier, qui promenait son chien sur une plage, remonte probablement à environ 300 millions d’années, à la fin de l’âge du charbon et à la période permienne, environ 80 millions d’années avant les premiers dinosaures.

Lisa Cormier a fait sa découverte sur la plage de Cap-Egmont, dans l’ouest de la province. 

Elle a repéré ce qui ressemblait à des branches entrelacées. Un examen plus approfondi a révélé quelque chose de beaucoup plus étonnant: une cage thoracique de plus d’un demi-mètre de long avec une colonne vertébrale et un crâne enfouis dans la terre rouge caractéristique de l’Île-du-Prince-Édouard.

« Le squelette entier était là », a déclaré l’institutrice lors d’une récente entrevue.

Sa belle-mère lui avait dit que le sable de l’île pouvait être un bon foyer pour les fossiles et qu’en marchant sur la plage elle avait de bonnes chances de trouver des restes. Elle a d’abord rejeté l’idée en riant, mais a déclaré que sa belle-mère avait été la première à voir une photo de sa découverte.

Cette photo a ensuite fait son chemin vers John Calder. Le géologue et paléontologue basé à Halifax a affirmé que sa réaction quand j’ai vu cette photo a été « wow ».

« C’est évidemment très important car ces types de fossiles sont très rares à cette époque. Et en raison de son emplacement _ il était recouvert par la mer à chaque marée et à risque _ il devait être enlevé immédiatement. »

L’ère carbonifère a été une période de réchauffement climatique intense, explique M. Calder. Les forêts tropicales et les zones humides de l’ère du charbon se sont effondrées face à la chaleur étouffante et à l’assèchement et seules certaines créatures telles que les reptiles, qui pondent leurs œufs en dehors de l’eau, ont été favorisées pour survivre.

Dans les 24 heures suivant la réception de la photo par John Calder, une équipe avait été constituée pour récupérer le précieux fossile. Mais ils n’avaient qu’environ cinq heures avant la marée haute et le coucher du soleil pour mettre le spécimen en sécurité.

Lisa Cormier a déclaré que son mari, Gabriel, et son beau-père, Aubrey, ainsi que Laura MacNeil, une géologue, ont aidé John Calder à mener les fouilles délicates.

La roche était molle et friable, relate M. Calder. L’équipe a simplement creusé autour de lui et a excavé la roche avec le fossile incrusté dedans.

On a ensuite enveloppé la roche dans des couches de papier journal, de toile de jute et de plastique avant de la transporter à l’arrière d’un camion de Parcs Canada, qui l’a emmenée dans un dépôt paléontologique à environ 60 kilomètres à Greenwich, à l’Île-du-Prince-Édouard, pour la conserver. Le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard décidera alors où il doit être envoyé, ajoutant qu’il se retrouvera probablement à Ottawa ou à Washington, D.C., pour une étude plus approfondie.

Le fossile dévoilera ses secrets petit à petit. Alors que le crâne et les dents révéleront instantanément la lignée, John Calder prévoit qu’une «description complète et appropriée» pourrait prendre au moins un an.

« Nous apprendrons au fur et à mesure que la recherche progresse. »

La recherche aidera également les scientifiques à comprendre comment le réchauffement climatique affectera les animaux à l’avenir, a-t-il noté.

« Le réchauffement climatique dont je parle s’est produit sur des millions d’années », a déclaré Calder. « Ce n’était pas aussi soudain que ce que nous vivons aujourd’hui, mais cela a tout de même eu des conséquences dramatiques. »

Quant à Lisa Cormier, elle est impatiente d’entendre ce que les scientifiques découvriront sur le fossile. « Peut-être que je fais l’histoire. Peut-être portera-t-il mon nom», dit-elle en riant.

«Et si c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant, cela redéfinira l’histoire de la science. C’est incroyable. Et si nous trouvons d’autres espèces comme celle-ci, alors ma découverte sera en quelque sorte le modèle sur lequel d’autres découvertes seront basées. Il y a tant de possibilités. »

Même s’il ne s’agit pas d’une espèce unique en son genre, elle a déclaré que le fossile était une trouvaille rare. « Je serai toujours fière de l’avoir trouvé. »

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