Iran : bonjour la liberté ?

Si l’accord pour résoudre le dossier du nucléaire iranien est ratifié, il permettra la levée d’une partie des sanctions qui asphyxient l’économie iranienne, en échange de garanties que l’Iran ne se dotera pas de l’arme atomique. Tour d’horizon d’un pays mal connu.

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Piétons dans une rue de Téhéran quelques jours après l’accord qui a mis fin aux sanctions économiques. Les jeunes se montrent confiants. – Photo : EPA/Abedin Taherkenareh

Les grandes puissances et l’Iran ont conclu cet été un accord pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, ce qui met fin à 12 ans de crise internationale. Si elle est ratifiée, cette entente permettra la levée d’une partie des sanctions qui asphyxient l’économie iranienne, en échange de garanties que l’Iran ne se dotera pas de l’arme atomique. Tour d’horizon d’un pays mal connu.

Diplômés, mais sans avenir

Malgré ses 10 millions de diplômés universitaires de moins de 30 ans, l’Iran souffre de la plus importante fuite de cerveaux au monde : chaque année, 150 000 diplômés partent pour l’étranger. Mais selon un sondage mené par l’Université de Téhéran, 53 % des Iraniens estiment que la levée des sanctions permettra de réduire le taux de chômage — il est de 10,8 % en ce moment — et d’améliorer leur qualité de vie.

La femme, un bien semi-précieux

Les femmes — qui doivent porter le voile en public — bénéficient des mêmes droits à l’éducation que les hommes et peuvent occuper des postes importants. Toutefois, selon la Constitution, leur vie ne vaut que la moitié de celle de l’homme. Devant la justice, il faut le témoignage de deux femmes pour équivaloir à celui d’un homme. Et au décès du père, les fils reçoivent en héritage le double des filles. Le Code civil prévoit qu’un homme peut divorcer en tout temps et obtenir la garde des enfants. La femme, en revanche, ne peut divorcer de son mari que si celui-ci y consent ou s’il est impuissant.

Ministère de la Culture et culture de la censure

En Iran, tout est interdit, mais tout est possible, constatent certains artistes en rigolant. Le ministère de la Guidance islamique, qui est aussi celui de la Culture, impose un certain nombre de règles : la danse contemporaine, perçue comme une débauche du corps, est proscrite ; sur scène et à l’écran, les acteurs de sexe opposé ne peuvent se toucher ; les instruments de musique sont prohibés à la télévision. Il revient donc aux artistes d’être créatifs pour déjouer les autorités.

Le réel et le virtuel

Les Iraniens scindent leur vie entre deux mondes : le public et le privé. Si le premier est très contrôlé, le second constitue un véritable espace de liberté. En ville, les antennes paraboliques — interdites — pullulent, au vu et au su des autorités, qui laissent faire. Les réseaux sociaux sont devenus de puissants moyens d’expression, à tel point que le régime a proscrit Facebook, YouTube et Twitter. En vain. Les Iraniens, passés maîtres dans l’art de contourner la censure, y sont très présents. À commencer par Hassan Rohani, le président du pays…

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