Isolement des détenus: le comité de supervision obtiendra finalement les données

OTTAWA — Le ministre de la Sécurité publique est intervenu pour s’assurer que le comité consultatif chargé de superviser l’isolement des détenus obtienne les données dont il a besoin pour faire son travail.

Anthony Doob, le criminologue qui a présidé le comité, a affirmé que le Service correctionnel du Canada ne lui avait pas fourni d’informations utilisables sur le recours aux unités d’intervention structurée — considérées comme une solution de rechange à l’isolement cellulaire dans les pénitenciers.

Le gouvernement libéral a nommé ce comité indépendant pour superviser la mise en place de ces unités pour les détenus qui présentent des risques pour la sécurité ou pour eux-mêmes. Mais dans son rapport final, le comité a déclaré ne pas avoir pu accomplir le mandat qui lui avait été confié faute d’informations suffisantes.

Dans un communiqué publié jeudi, le ministre Bill Blair indique avoir discuté avec M. Doob des «sérieuses préoccupations» qu’il a soulevées quant à la façon dont le Service correctionnel a répondu à ses demandes d’information.

Il a annoncé que le mandat des membres du comité serait renouvelé afin qu’il puisse achever ses travaux. Les mandats étaient déjà arrivés à échéance pour certains membres et devaient expirer dans quelques semaines pour les autres.

La sénatrice Kim Pate, qui défend depuis longtemps les droits des prisonniers, a estimé que les préoccupations exprimées par le comité d’experts soulignent la nécessité de mettre en place des mesures de contrôle judiciaire pour superviser l’isolement des détenus.

Le gouvernement libéral a adopté l’an dernier une loi censée abolir l’isolement cellulaire dans les pénitenciers d’ici la fin du mois de novembre. Des organisations de défense des droits fondamentaux ont cependant fait valoir que les unités d’intervention structurée n’étaient qu’une nouvelle façon de désigner l’isolement cellulaire.

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