Israël et le Hamas se livrent à des échanges de tirs meurtriers

GAZA, Territoire Palestinien — La confrontation entre Israël et le Hamas envenimée par des semaines de tensions à Jérusalem est passée à un autre niveau mardi quand Israël a lancé une nouvelle attaque aérienne sur Gaza pendant que des militants répliquaient en tirant des centaines de roquettes en direction de l’État juif. Les échanges de tirs ont fait plusieurs morts, dont des civils, à Gaza et au moins deux victimes du côté israélien.

Les frappes se sont succédé de part et d’autre tout au long de la journée dans ce qui s’apparente à l’une des plus intenses batailles entre Israël et le Hamas depuis la guerre de 2014. Les tirs étaient si répétitifs que le Dôme de fer, le système de défense aérienne d’Israël, semblait dépassé. Des colonnes de fumée s’élevaient dans le ciel à plusieurs endroits à Gaza.

En fin de journée, mardi, le conflit s’est étendu jusqu’à Tel-Aviv, qui a reçu un barrage de tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza. Des sirènes ont retenti à travers la ville pour alerter la population du danger et le principal aéroport de Tel-Aviv a été fermé.

Le Hamas a déclaré avoir lancé un total de 130 roquettes, son attaque la plus soutenue jusqu’ici, en réaction à la destruction d’un haut bâtiment de Gaza par Israël plus tôt dans la soirée.

Le bruit des roquettes s’élevant dans le ciel pouvait être entendu depuis Gaza et les mosquées accompagnaient les tirs de chants répétant «Dieu est grand», «victoire à l’Islam» et «résistance».

L’une des roquettes a atteint un autobus dans la ville de Holon, au sud de Tel-Aviv. Des intervenants médicaux ont rapporté que trois personnes avaient été blessées, dont une fillette de cinq ans, alors que le véhicule a pris feu.

Depuis le coucher du soleil, lundi, 28 Palestiniens, dont dix enfants et une femme, ont été tués à Gaza. La majorité par des tirs aériens, ont déclaré les autorités de la santé. D’après l’armée israélienne, 16 des victimes palestiniennes étaient des militants.

Deux femmes ont été tuées par des roquettes tirées depuis Gaza qui ont frappé leurs résidences dans la ville d’Ashkelon, au sud. Il s’agit des premières victimes israéliennes du présent affrontement. Au moins dix autres personnes ont été blessées depuis lundi soir dans le camp israélien.

À la suite de ces décès, le premier ministre Benjamin Nétanyahou a annoncé la décision des autorités israéliennes d’«augmenter la puissance et le rythme des tirs» contre les groupes militants du Hamas et du Djihad islamique dans la bande de Gaza.

Les autorités égyptiennes ont affirmé travailler à négocier un cessez-le-feu, mais que le cycle de violence gagnait en intensité. Avant même les deux premiers décès israéliens, l’armée avait annoncé qu’elle déployait des troupes en renfort à la frontière de Gaza. Le ministre de la Défense a mobilisé 5000 soldats de la réserve.

Un porte-parole de l’armée a confirmé que l’arrivée de renforts visait à prévenir une éventuelle invasion en plus d’accentuer la force de frappe aérienne. L’objectif étant d’envoyer un «message clair» au Hamas.

Le barrage de tirs de roquettes et la réplique aérienne d’Israël ont été précédés par des affrontements entre Palestiniens et Forces de sécurité israéliennes qui ont duré des heures lundi. Un face-à-face dramatique s’est notamment déroulé devant la mosquée al-Aqsa, un site sacré pour les deux camps situé au coeur de Jérusalem.

Les violences actuelles, tout comme les affrontements précédents, dont la plus récente intifada, sont alimentées par les visions opposées des deux camps sur le statut de Jérusalem qui incarne le coeur émotif du long conflit.

Signe de la croissance du soulèvement, des centaines de personnes dans les communautés arabes d’Israël ont tenu des manifestations pour dénoncer les gestes posés par les forces de sécurité contre des Palestiniens au cours des dernières années. Il s’agissait de l’une des plus imposantes manifestations récentes de citoyens palestiniens en Israël.

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