Italie: la pluie freine les recherches pour retrouver les disparus dans une avalanche

ROME — Des orages ont compliqué les recherches, lundi, pour retrouver une quinzaine de personnes toujours portées disparues après qu’un énorme morceau d’un glacier alpin s’est détaché pour déclencher une avalanche de glace, de neige et de pierres dans le nord de l’Italie, ont annoncé les autorités.

Selon la télévision d’État italienne, sept personnes sont mortes et neuf autres ont été blessées dans la catastrophe survenue sur une pente de montagne surmontée par le glacier Marmolada, dimanche après-midi.

Des dizaines d’excursionnistes se trouvaient sur place au moment de l’avalanche, dont certains qui étaient reliés en cordées.

Le procureur de Trente, Sandro Raimondi, avait initialement rapporté que 17 randonneurs manquaient à l’appel, selon des propos cités par l’agence de presse italienne LaPresse. Un peu plus tard, toutefois, la télévision d’État italienne RAI, qui était sur les lieux de l’opération de sauvetage a indiqué que le bilan avait été révisé à la baisse alors que certaines personnes que l’on croyait disparues ont été localisées.

Les plus récents chiffres faisaient état de 14 personnes manquant à l’appel, soit dix Italiens, trois Tchèques et un Autrichien.

Le bloc de glace qui s’est effondré a été estimé à 200 mètres de largeur, par 80 mètres de hauteur et 60 mètres de profondeur, a décrit le gouverneur de la Vénétie Luca Zaia, dont le territoire borde la région du Marmolada. Il a comparé le tout à la chute d’«un immeuble à logements de glace et de débris avec des rochers de masses cyclopéennes».

«Je ne peux rien dire de plus que les faits et les faits nous disent que les chaudes températures n’aident pas dans ces situations», a-t-il mentionné aux journalistes.

L’Italie traverse une vague de chaleur qui perdure depuis des semaines et les équipes de secours alpines ont observé des températures atteignant les 10 degrés Celsius à la hauteur du glacier. À ce temps-ci de l’année, le mercure devrait toujours se trouver au point de congélation.

Les corps retrouvés ont été amenés à une patinoire de la station balnéaire de Canazei dans la chaîne de montagnes des Dolomites, afin de servir de morgue temporaire permettant de procéder à leur identification. La tâche s’annonce complexe et particulièrement macabre puisque certains corps ont été retrouvés démembrés et éparpillés sur de grandes distances.

En après-midi, lundi, au moins quatre victimes avaient pu être identifiées.

D’après la chaîne RAI, trois d’entre elles étaient d’origine italienne, dont un guide alpin d’expérience. D’autres médias ont rapporté le décès d’un ressortissant tchèque. 

Sandro Raimondi aurait déclaré que deux des neuf blessés étaient des Allemands. M. Zaia a dit aux journalistes que l’un des Allemands était un homme de 65 ans. Parmi les blessés, une personne aurait subi des blessures si graves que l’on ne parvenait pas à l’identifier.

Les patients ont subi des blessures à la poitrine et au crâne, a précisé M. Zaia.

Des drones ont été utilisés pour rechercher les disparus et à s’assurer de la sécurité des lieux.

La cause de l’effondrement d’un sommet du glacier faisant dévaler des tonnes de débris à une vitesse estimée de 300 km/h n’a pas encore été déterminée, mais la chaleur est considérée comme un facteur probable.

Chercheur en sciences polaires au centre national italien de recherche CNR, Jacopo Gabrieli souligne que la longue vague de chaleur, qui s’est étirée de mai à juin, était la plus chaude en près de 20 ans pour cette période de l’année dans le nord du pays.

«C’est absolument une anomalie», a commenté M. Gabrieli à la télévision d’État. Comme d’autres experts, il a reconnu qu’il aurait été impossible de prédire à quel moment un sommet de glacier aurait pu s’effondrer comme ce fut le cas dimanche.

Des exploitants d’un abri rustique en flanc de montagne ont soutenu que des températures de 24 degrés Celsius avaient été enregistrées à 2000 mètres d’altitude récemment, du jamais vu dans un endroit où les randonneurs vont chercher un peu de fraîcheur en période estivale.

Le glacier du Marmolada est le plus grand des Dolomites. Les gens y font notamment du ski en hiver. Toutefois, au cours de la dernière décennie, il a perdu une importante partie de sa masse en raison de fontes associées au réchauffement du climat. Les experts du CNR s’attendent à ce qu’il disparaisse d’ici 25 à 30 ans.

Le bassin de la Méditerranée a été identifié comme un point chaud du réchauffement climatique, où les vagues de chaleur et les sécheresses sont appelées à se multiplier.

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