Itinérance: un centre de débordement dans une église de Val-d’Or

VAL-D’OR, Qc — La mort d’un itinérant d’origine innue plus tôt cette semaine à Montréal a mis en lumière le casse-tête que provoquent les politiques de confinement et le couvre-feu pour les organismes communautaires dédiés à l’itinérance.  

À Val-d’Or, l’organisme La Piaule, avec l’aide de plusieurs partenaires, tente d’éviter qu’un tel drame se produise dans la région. La Piaule a donc ouvert mercredi un centre de débordement pour la population itinérante. Situé au sous-sol de l’église Saint-Sauveur, ce centre permet aux sans-abri ou à toute personne sans ressources de trouver un endroit pour s’abriter temporairement.

«C’est une idée qui nous vient d’Europe, explique le président du conseil d’administration de La Piaule, Stéphane Grenier. On en voit en France et en Suisse notamment. Ici, plusieurs partenaires se sont concertés pour voir venir le coup, surtout avec le couvre-feu, qui venait un peu brouiller les cartes pour nos services.»

Au centre-ville

Le choix de l’église Saint-Sauveur s’est imposé pour plusieurs raisons.

«C’est une église située en plein centre-ville, donc à proximité d’où se tient la clientèle itinérante, explique la directrice générale de La Piaule, Stéphanie Quesnel. Il y avait aussi la possibilité d’y installer des douches, ce que la Ville de Val-d’Or a fait au cours des derniers jours.» 

Au total, une quinzaine de personnes pourront utiliser les services du centre, qui sera géré par des employés temporaires du Centre intégré de santé et de services sociaux.

«Ces gens ont reçu une formation avec nos différents partenaires, indique Mme Quesnel. Nous n’avions pas les ressources pour assurer les services à la fois à La Piaule et à l’unité de débordement, donc, des employés payés par le CISSS vont assurer le service.» 

Une vague de froid

Le centre de débordement arrive à point nommé, puisque le mercure oscille autour de -20 degrés à Val-d’Or ce mercredi. Mais Stéphane Grenier sait d’expérience que ce n’est pas ce genre de température qui est le plus dangereux pour les itinérants.

«À -20, -25, ils (les itinérants) savent qu’ils doivent être habillés chaudement, explique-t-il. Mais quand le mercure oscille autour du point de congélation, les gens s’habillent plus légèrement, et quand le mercure passe de +5 à -5, les gens s’endorment et c’est là qu’arrive le risque d’hypothermie.»

En principe, le centre de débordement devrait être en place jusqu’à la fin du couvre-feu, soit le 8 février prochain. Mais pour Stéphanie Quesnel, le travail effectué vient mettre en lumière un besoin que l’on ne voyait pas nécessairement avant dans les services à l’itinérance. «Le couvre-feu est venu amplifier notre problématique, dit-elle. On va donc évaluer après coup la possibilité d’établir un centre de crise ou quelque chose du genre. On va regarder si on a besoin de développer quelque chose à long terme.»

Le centre ouvrira ses portes tous les soirs à compter de 19h30, pour respecter les règles du couvre-feu. Les personnes dans le besoin pourront prendre une douche et un repas chaud, puis obtenir un déjeuner le lendemain matin. «On ne veut laisser personne dehors, indique Stéphanie Quesnel. Mais en raison des règles sanitaires, les locaux de La Piaule ne peuvent plus accueillir autant de gens qu’avant la crise.»

Laisser un commentaire