J18: Couillard et Legault à couteaux tirés sur les finances publiques

En ce dix-huitième jour de la campagne électorale, le chef du Parti libéral (PLQ), Philippe Couillard, et le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, se sont décoché des flèches concernant leur vision respective des finances de l’État québécois.

Lors d’un point de presse à Trois-Rivières dimanche matin, M. Couillard a reproché à son adversaire caquiste d’avoir présenté un cadre financier reposant sur des «hypothèses» et ne fournissant pas suffisamment de détails sur certaines promesses, comme le déploiement de l’internet en région, le soutien aux enseignants ainsi que le financement compensatoire pour l’encadrement des tarifs des stationnements des établissements de santé.

Le leader libéral a aussi accusé M. Legault d’être trop optimiste dans ses prévisions sur la croissance économique et a qualifié d’ambitieuse l’intention de la CAQ de réclamer une hausse de sept pour cent des dividendes des sociétés d’État sans diminuer les services ou hausser les tarifs.

La riposte de François Legault ne s’est pas fait attendre, le chef caquiste s’empressant de déclarer que son rival libéral ressemblait «de plus en plus à Québec solidaire».

De passage à Lac-Mégantic, M. Legault a soutenu que les libéraux étaient maintenant la deuxième formation politique à dépenser le plus après Québec solidaire (QS), ce qui prouvait, selon lui, que le PLQ n’était plus «le parti de l’économie».

Le leader de la CAQ a assuré avoir fait preuve de réalisme dans l’élaboration du cadre financier de son parti, estimant qu’il était possible, par exemple, d’économiser 300 millions $ en réévaluant certains programmes, comme celui de recherche et développement.

Ces échanges tendus ont un peu porté ombrage aux annonces respectives des deux chefs, M. Couillard s’étant engagé à créer un nouveau crédit d’impôt pour les proches aidants souhaitant réaliser des travaux pour accueillir un aîné à leur domicile et M. Legault ayant promis de nouveaux investissements pour payer deux sorties culturelles par année aux élèves du primaire et du secondaire ainsi que regarnir les bibliothèques scolaires.

Le PQ contre le «cartel du pétrole»

De son côté, le chef du Parti Québécois (PQ), Jean-François Lisée, a annoncé qu’advenant la victoire de sa formation politique aux élections du 1er octobre, le nouveau gouvernement péquiste créerait un Bureau de la protection des consommateurs du Québec (BPCQ), dont le premier mandat serait d’enquêter sur le marché de l’essence.

En point de presse à Québec, M. Lisée a martelé que le Bureau de la concurrence du Canada ne faisait pas son travail et que les consommateurs québécois n’étaient donc pas protégés contre le «cartel du pétrole».

Le leader péquiste a soutenu que cette hausse des prix à la pompe était «indue» et profitait directement aux multinationales pétrolières.

Cet engagement concernant le BPCQ avait déjà été pris en mai par Jean-François Lisée et réitéré en début de campagne lors d’une annonce du PQ sur les prix des billets d’avion d’Air Canada.

Climat et agriculture pour QS 

Poursuivant sur sa lancée verte, QS a annoncé, dimanche, qu’un gouvernement solidaire utiliserait les versements au Fonds des générations pour lutter contre les changements climatiques en finançant des infrastructures vertes.

Cette promesse fait partie du cadre financier global dévoilé dimanche par le parti, qui avait déjà révélé les nouvelles sources de revenus et d’économies prévues dans son cadre en début de campagne.

Toujours dimanche, la formation politique a aussi promis de soutenir le développement de l’agriculture biologique et de l’alimentation locale, notamment en bonifiant l’aide financière accordée aux fermes biologiques, en révisant les normes environnementales afin de mieux encadrer l’usage de pesticides et d’engrais, et en adoptant une politique alimentaire d’approvisionnement en produits locaux pour les organismes publics et parapublics.