«Je ne considère pas que je suis un deux de pique», se défend Arruda

QUÉBEC — En pleine deuxième vague, alors que presque tout le Québec est en train de passer en alerte rouge, le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, estime être encore l’homme de la situation.

«Je fais mon travail du mieux que je peux et je ne considère pas que je suis un « deux de pique » en santé publique, à travers ce qui existe sur la planète», s’est défendu M. Arruda, jeudi, en ajoutant qu’il reçoit des volées de courriels injurieux tous les jours et même des menaces de mort.

La lutte à la pandémie se corse et les autorités avaient à annoncer de mauvaises nouvelles jeudi après-midi: pratiquement toute la vallée du Saint-Laurent entre Québec et Montréal a été déclarée zone rouge avec les restrictions que cela impose.

En conférence de presse au parlement au côté du ministre de la Santé, Christian Dubé, M. Arruda a dit qu’il «se pose chaque jour» la question à savoir s’il est encore l’homme de la situation et si ses messages sont encore entendus.

«On prend des décisions difficiles qui ne sont pas intéressantes», a-t-il admis, en comparant la situation actuelle à celle du confinement général du printemps dernier, qui était «plus facile». Dans cette deuxième vague, les fermetures ciblées entraînées par les alertes de couleur dans les régions créent des mécontents, puisqu’elles en pénalisent certains plus que d’autres, a-t-il expliqué.

«J’espère pouvoir garder la confiance des Québécois parce que je les aime profondément, a-t-il déclaré, apparemment ému. J’ai décidé de garder la tête haute et de continuer dans ce mandat.»

Le Québec a le pire bilan actuellement au Canada et fait mauvaise figure même en Amérique du Nord.

Le directeur de la santé publique s’est aussi défendu concernant la publication de ses avis quotidiens transmis au premier ministre. François Legault a dit plus tôt qu’il ne pouvait diffuser ces recommandations parce qu’elles sont verbales: il fermait ainsi la porte aux demandes pressantes de l’opposition, qui veut distinguer les décisions sanitaires des décisions politiques.

Le Dr Arruda a assuré que le gouvernement se conformait à ses recommandations et qu’il n’était pas là pour cautionner des décisions politiques qu’il n’approuve pas.

«Le jour où je sentirai qu’ils font de la « bullshit », le Dr Arruda ne sera pas là, il n’a pas une crédibilité à perdre, a-t-il conclu. Vous pouvez me comparer avec l’Ontario, avec ce que dit Centers for Disease Control et les complotistes, mais quand je suis ici, je suis à l’aise avec les décisions qu’on a prises.»

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