«Je ne voulais pas mourir»: une résidante à Beyrouth relate un moment de panique

Rawane Al Zahed se souvient avoir couru dans sa maison pour voir si ses proches étaient en sécurité après avoir entendu des explosions traverser Beyrouth et senti le sol trembler sous ses pieds.

Mme Al Zahed, qui a remis des documents afin de rejoindre son mari — un résident permanent du Canada — à Vancouver, réside à environ cinq kilomètres du site de l’explosion qui a tué au moins 100 personnes mardi et en a blessé des milliers.

Un résident de longue date de Montréal a péri dans l’explosion. Nizar Najarian, qui a vécu plusieurs années à Montréal et dont la femme et les enfants résident toujours dans la métropole, fait partie des victimes. L’homme d’affaires était récemment retourné dans son pays d’origine pour faire de la politique.

Le gouvernement fédéral a aussi confirmé qu’un membre des Forces armées canadiennes avait subi des blessures qui ne mettent pas sa vie en danger.

Mme Al Zahed, âgée de 24 ans, a déclaré avoir ressenti deux explosions à quelques secondes l’une de l’autre. La première a été ressentie comme s’il s’agissait d’un tremblement de terre, tandis que la seconde a envoyé des ondes de choc à travers l’appartement du cinquième étage où elle vit avec sa famille.

«J’avais extrêmement peur, a confié Mme Al Zahed. Je ne voulais pas mourir. Je criais: « Je ne veux pas mourir maintenant ».»

Cette seconde déflagration a fissuré une porte en bois et en fer et a brisé l’écran de télévision dans sa maison, a-t-elle indiqué.

Mme Al Zahed a déclaré qu’elle pouvait entendre les gens crier sur les étages inférieurs et dans la rue, alors même que les fenêtres se brisaient et que quelques balcons se sont effondrés.

Il y a eu un autre moment de panique lorsque son mari n’a pas pu la joindre parce qu’elle recevait des appels d’autres amis et de la famille, a-t-elle relaté.

Plus tard dans la nuit, Mme Al Zahed a dit qu’elle avait appelé son mari. Il a essayé d’alléger l’ambiance avec quelques blagues, mais elle a dit qu’elle était encore beaucoup trop prise par la panique pour dormir.

«Je me réveille, je tweet. Je me réveille, j’ouvre Facebook. Je veux voir ce qui se passe, a-t-elle déclaré. Tout ce dont je me souviens (c’est) quand j’ai couru.»

La cause de l’explosion n’est pas claire, mais elle semble avoir été déclenchée par un incendie et avoir frappé avec la force d’un tremblement de terre.

Il s’agit de l’explosion la plus puissante jamais vue dans la ville, qui a été divisée en deux par la guerre civile de 1975-1990 et a subi des conflits avec l’Israël voisin et des bombardements et des attaques terroristes.

Il n’y a aucune preuve qu’il peut s’agir d’une attaque. Au lieu de cela, de nombreux Libanais montrent du doigt des décennies de corruption et de mauvaise gouvernance de la part de la classe politique qui dirige le petit pays méditerranéen depuis la guerre civile.

Le Liban traverse une grave crise économique qui a déclenché des manifestations de masse ces derniers mois. Son système de santé est confronté à une poussée de la COVID-19, et on craignait que le virus ne se propage davantage alors que les gens affluaient dans les hôpitaux.

Mme Al Zahed a déclaré qu’elle essayait toujours de comprendre ce qui s’était passé, soulignant qu’en raison de son jeune âge, elle avait été épargnée par une grande partie des troubles au Liban.

«J’ai 24 ans. Je n’ai pas vécu d’autres grandes guerres libanaises, a déclaré Mme Al Zahed. J’étais trop jeune pour celle de 2006, et je n’avais pas subi de traumatisme comme celui-ci auparavant. C’était vraiment effrayant.»

Laisser un commentaire
Les plus populaires