Jean Charest poursuit le gouvernement pour violation de sa vie privée

MONTRÉAL — L’ex-premier ministre libéral Jean Charest dépose une poursuite contre le gouvernement du Québec pour violation de sa vie privée, un geste qu’il dit poser «à contrecoeur».

Dans un communiqué publié vendredi, M. Charest soutient qu’au cours des dernières années, des informations confidentielles sur sa vie privée et sur sa famille ont fait l’objet de plusieurs fuites médiatiques.

«Ces fuites sont illégales et constituent de surcroît une entrave à la justice», affirme-t-il.

M. Charest estime que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et le gouvernement sont responsables d’avoir violé sa vie privée.

Il reproche notamment au commissaire de l’UPAC et à son personnel d’avoir baptisé «Mâchurer» l’enquête qu’ils menaient sur du financement illégal au Parti libéral du Québec. Il note que le terme «mâchurer» signifie notamment «barbouiller de noir», «calomnier quelqu’un, c’est-à-dire noircir sa réputation» ou «dire du mal de quelqu’un afin d’en salir la réputation».

M. Charest souhaitait obtenir des excuses publiques du gouvernement du Québec et dit avoir offert de recourir à la médiation pour en arriver à un «règlement honorable». Son offre, dit-il, a été refusée.

L’ex-premier ministre avait jusqu’au 10 octobre 2020 pour déposer sa poursuite en vertu de la date de prescription.

Il a indiqué qu’il ne ferait aucune déclaration publique à ce sujet.

Un porte-parole de l’unité anticorruption a déclaré vendredi que la police ne ferait aucun commentaire sur la procédure judiciaire de Jean Charest, mais a confirmé que l’enquête était encore en cours.

La poursuite indique qu’en avril 2017, des informations personnelles et confidentielles de Jean Charest ont été divulguées à Québecor, y compris ses finances personnelles, les informations de son passeport et des détails sur des voyages aux États-Unis.

Ce matériel aurait été recueilli par la police anticorruption dans le cadre d’une enquête sur le financement politique illégal, impliquant l’ancien trésorier du Parti libéral Marc Bibeau.

Jean Charest n’a jamais a été inculpé et a toujours maintenu son innocence. Le procès fait référence à la «frustration» et à «l’embarras» qu’il a dit ressentir en voyant ses renseignements personnels à plusieurs reprises partagés en public.

Jean Charest est devenu chef du Parti libéral en 1998 et a été premier ministre de 2003 à 2012.

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