Jean Lemire se verra confier un nouveau mandat économique et énergétique

QUÉBEC — Un nouveau mandat élargi attend le biologiste bien connu Jean Lemire, dans son rôle d’ambassadeur du Québec à l’étranger.

Rompu à la promotion de la lutte aux changements climatiques au nom du gouvernement, M. Lemire va devoir bientôt ouvrir ses horizons et se consacrer également au rayonnement économique du Québec à l’international, tout en faisant la promotion de son hydroélectricité.

Selon ce qu’a appris La Presse canadienne mercredi, le gouvernement Legault va concrétiser son changement de style en matière de relations internationales, en ajoutant une «approche d’affaires» au mandat confié à M. Lemire il y a deux ans.

En 2017, l’ancien gouvernement libéral avait confié au célèbre navigateur, chercheur, écologiste et cinéaste, le mandat de parcourir le monde pour faire connaître l’expertise du Québec dans la lutte aux changements climatiques et son savoir-faire autour des enjeux nordiques, en participant à des colloques, congrès et autres événements internationaux, tout en consolidant des partenariats à l’étranger en ce domaine.

Il avait un rôle d’«émissaire» du gouvernement aux changements climatiques, un poste équivalent à celui de délégué du Québec à l’étranger sur le plan administratif.

Or, un document gouvernemental obtenu mercredi indique que le gouvernement Legault, jugeant le mandat de M. Lemire trop restrictif, a choisi de le remanier pour lui donner un accent plus conforme à sa vision, axée sur la prospection d’investisseurs étrangers et de marchés d’exportation pour nos PME.

Dans cet esprit, la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, va préparer prochainement un décret qui aura pour effet de modifier officiellement le mandat défini en 2017.

Cette réorientation fait d’ailleurs partie de la future politique internationale du Québec, que la ministre Girault doit rendre publique dans les prochaines semaines.

Elle s’inscrit aussi en droite ligne avec le projet de loi 27, piloté par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui viendra doter le bras financier du gouvernement, Investissement Québec, de pouvoirs substantiels, notamment sur la scène internationale à travers le réseau des délégations du Québec présentes à travers le monde.

Investissement Québec aura le mandat de doubler les investissements étrangers au Québec d’ici cinq ans.

Dans ses nouvelles fonctions, M. Lemire dirigera une équipe gouvernementale formée de représentants d’Investissement Québec, du ministère des Relations internationales, du ministère de l’Environnement, du ministère de l’Énergie et des Resources naturelles et du ministère de la Fôrêt.

Durant ses missions autour du monde, M. Lemire devra rencontrer des chefs d’entreprises internationales potentiellement intéressées à investir au Québec, en faisant valoir que «l’électricité produite au Québec est propre, de source renouvelable et disponible à un coût compétitif».

L’argument de vente sera le suivant: le Québec peut offrir une solution attrayante aux entreprises étrangères énergivores soucieuses d’améliorer leur bilan environnemental, grâce à son hydroélectricité.

«La décarbonisation devient pour bon nombre d’entreprises un enjeu d’affaires. Cette dimension doit être intégrée de façon systématique dans le développement des réseaux de l’émissaire aux changements climatiques», peut-on lire dans le document obtenu.

Les conférences internationales auxquelles participera M. Lemire désormais seront perçues à Québec comme «des espaces de développement de contacts à exploiter d’un point de vue économique».

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de M. Lemire, mercredi, à propos de ses nouvelles fonctions.  

Avant l’élection du gouvernement caquiste, le gouvernement du Québec comptait trois «émissaires». M. Lemire sera le seul des trois à poursuivre son action.

Les deux autres étaient l’émissaire à la mobilité internationale et à la reconnaissance des qualifications professionnelles, tandis que l’autre était chargé des droits de la personne.

Les plus populaires