Jill Biden et Bill Clinton à la deuxième soirée de la convention démocrate

MILWAUKEE — L’événement à grand déploiement que constitue la convention d’un grand parti politique en vue de l’élection présidentielle aux États-Unis sera encore réinventé, mardi, alors que les démocrates se réunissent pour la deuxième soirée en formule virtuelle, pandémie oblige.

Le vote par appel nominal des délégations des États, qui se déroule généralement dans la fanfare pendant plusieurs heures, sera plutôt abrégé mardi. Et le célèbre discours d’ouverture qui a lancé plusieurs carrières politiques dans le passé sera prononcé par plusieurs personnes, sans la présence d’une foule enthousiaste pour les acclamer.

Après les discours de Michelle Obama et Bernie Sanders, lundi soir, la convention entièrement virtuelle se poursuit mardi pendant deux heures, à partir de 21 h. Bien que la convention se tienne officiellement à Milwaukee, au Wisconsin, la plupart des responsables et des élus démocrates, des militants et des artistes apparaîtront dans des diffusions en direct et des vidéos préenregistrées à travers tout le pays.

Voici ce qui risque d’attirer l’attention au deuxième soir de la convention:

Jill Biden

Bien que la femme du candidat présidentiel ne soit pas une inconnue sur la scène nationale après les huit ans de vice-présidence de son mari, elle se présentera aux Américains en tant que potentielle première dame dans un discours aux heures de grande écoute. Mme Biden, enseignante de longue date dans un collège communautaire, clôturera la soirée en livrant un plaidoyer en faveur de son mari.

Mais d’abord, Bill

Un discours de Bill Clinton fait partie des traditions des conventions démocrates. L’ancien président a pris la parole à toutes les conventions depuis 1980, notamment en prononçant des discours remarqués en faveur de Barack Obama, en 2012, et de sa femme Hillary Clinton en 2016. Bill Clinton est connu pour sa capacité à entrer en contact avec ses spectateurs et, ce faisant, il dépasse très souvent le temps de parole qui lui est alloué.

Le leadership

Le thème de la convention est «Le leadership compte» («Leadership Matters»). En plus des discours de Mme Biden et de M. Clinton, le programme de la soirée prévoit la participation de l’ancien secrétaire d’État et candidat démocrate à la présidence de 2004 John Kerry, l’égérie de la gauche progressiste Alexandria Ocasio-Cortez, qui représente l’État de New York au Congrès, et la représentante Lisa Blunt Rochester du Delaware, qui a conseillé M. Biden dans le choix de Kamala Harris comme colistière.

Parmi les autres orateurs figurent certaines personnalités qui se sont ouvertement opposées au président Donald Trump: le chef de la minorité au Sénat Chuck Schumer et l’ancienne procureure générale par intérim Sally Yates, qui a été limogée par M. Trump après avoir refusé de défendre son décret interdisant l’entrée sur le territoire des ressortissants de certains pays à majorité musulmane.

Les étoiles montantes

Le «discours inaugural» de la convention démocrate a souvent été l’occasion pour des personnalités montantes de percer sur la scène nationale. C’est à cette occasion qu’un certain Barack Obama s’est fait remarquer pour la première fois par le grand public. C’est également là que Julian Castro, alors maire de San Antonio, a fait ses débuts nationaux en 2012 avant de continuer à servir dans l’administration Obama et de se présenter comme candidat à l’investiture en 2020.

Mais cette année, la scène sera partagée par un groupe diversifié de 17 «étoiles montantes». On y retrouvera la démocrate de Georgie Stacey Abrams, qui faisait partie de la liste des possibles colistières de Joe Biden; la sénatrice Yvanna Cancela du Nevada, ancienne directrice politique du puissant syndicat des travailleurs des casinos de Las Vegas; le maire de Long Beach en Californie, Robert Garcia, qui est devenu le premier maire ouvertement gai de la ville en 2014; le président de la nation navajo, Jonathan Nez; et le représentant du New Hampshire Denny Ruprecht, qui est devenu le plus jeune législateur de cet État lorsqu’il a été élu en 2018 à l’âge de 19 ans.

Le vote par appel nominal

Au lieu du traditionnel vote par appel nominal, où les démocrates de chaque État et territoire vantent la région qu’ils représentent et annoncent le nombre de délégués qu’ils ont pour le candidat présidentiel, le parti désignera cette année officiellement Joe Biden avec des segments préenregistrés. L’appel nominal passera par ordre alphabétique à travers les 57 États, territoires et la délégation des démocrates à l’étranger.

«Vous allez voir des symboles très emblématiques des États-Unis incarnés dans chaque État», a promis le président de la convention démocrate,Tom Perez, qui affirme que ce sera l’un des temps forts de l’événement.

Par exemple, les délégués de l’Alabama vont lancer l’appel nominal du pont Edmund Pettus à Selma, lieu emblématique de la lutte pour les droits civiques.

Le président Trump

Alors que les démocrates tentent de tirer profit de l’événement pour susciter l’enthousiasme des électeurs aux heures de grande écoute, Donald Trump n’a pas l’intention de leur laisser toute la place. Le président républicain a prévu une série de déplacements et d’événements politiques tout au long de la semaine. Mardi, il doit notamment se rendre près de la frontière américano-mexicaine à Yuma, en Arizona, pour prononcer un discours sur les «échecs de M. Biden en matière d’immigration et de sécurité aux frontières».

Comment suivre la convention

Les discours et autres événements auront lieu de 21 h à 23 h, heure de l’Est. La diffusion en direct est accessible sur le site internet et les médias sociaux de la Democratic National Convention. Plusieurs chaînes américaines diffuseront une partie ou la totalité du programme de la soirée.

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