Joao Gilberto, l’un des pères de la bossa-nova, meurt à Rio à 88 ans

RIO DE JANEIRO — Joao Gilberto, chanteur, guitariste et auteur-compositeur brésilien considéré comme l’un des pères du genre bossa-nova, est décédé samedi.

C’est son fils qui a annoncé son décès. Joao Gilberto, qui a acquis une popularité mondiale dans les années 1960, est mort à 88 ans à Rio de Janeiro.

Joao Marcelo a déclaré que son père était aux prises avec des problèmes de santé sans toutefois indiquer la cause officielle de sa mort.

«Sa lutte était noble. Il a essayé de maintenir sa dignité face à la perte de son indépendance », a déclaré Joao Marcelo dans une publication sur Facebook.

Fusion de samba et de jazz, la bossa-nova a vu le jour à la fin des années 1950 et a acquis une renommée mondiale dans les années 1960. Joao Gilberto et Antonio Carlos Jobim sont reconnus comme étant deux des pionniers du genre. Antonio Carlos Jobim a composé l’emblématique The Girl From Ipanema, interprétée par Gilberto notamment.

Son épouse, Astrud Gilberto, a fait ses débuts en chanson dans cette oeuvre.

Autodidacte, Joao Gilberto a déclaré avoir découvert la musique à 14 ans lorsqu’il a tenu pour la première fois une guitare dans ses mains. Avec sa façon de jouer unique et ses influences de jazz moderne, il a créé ce qui a défini la bossa-nova, aidant à propulser le genre avec sa chanson «Bim-Bom».

En 1961, Joao Gilberto avait terminé les albums qui feraient connaître la bossa-nova dans le monde entier: «Chega de Saudade», «Love, A Smile and A Flower» et «Joao Gilberto». Son album de 1964 Getz / Gilberto avec le saxophoniste américain Stan Getz s’est vendu à des millions d’exemplaires.

«C’est Joao Gilberto, le plus grand génie de la musique brésilienne, qui a exercé une influence déterminante sur ma musique», a écrit la chanteuse Gal Costa sur les médias sociaux. «Il nous manquera, mais son héritage est très important pour le Brésil et pour le monde.»

Né à Bahia dans le nord-est du Brésil, Joao Gilberto a déménagé très tôt à Rio de Janeiro. Il a été influencé par les grands jazzmen américains et a enregistré des chansons aux États-Unis où il a vécu pendant la majeure partie des années 1960 et 1970.

Au cours de sa carrière, il a remporté deux Grammy Awards et il a obtenu six nominations. Le magazine de jazz américain DownBeat l’a nommé, en 2009, l’un des 75 grands guitaristes de l’histoire et l’un des cinq meilleurs chanteurs de jazz.

Toute une génération de musiciens brésiliens, dont Gilberto Gil, Chico Buarque et Caetano Veloso, sont considérés comme ses disciples.

Le journaliste et expert en bossa-nova Ruy Castro a qualifié la mort de Gilberto de «perte monumentale».

Ruy Castro a écrit dans son livre «A Onda que se Ergueu no Mar» que Gilberto aimait le soccer et qu’il était un supporter du Fluminense Football Club, dont il aimait regarder les matchs avec une guitare à la main.

«Il a réussi à créer un mythe sur lui à l’étranger, étant ce qu’il était et parce qu’il ne parlait même pas anglais», a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Globo.

Dans les dernières années de sa vie, le musicien avait des problèmes juridiques, des dettes et des conflits avec ses enfants. Son dernier spectacle remonte à 2008 et il a annulé un spectacle commémoratif pour souligner ses 80 ans en raison de problèmes de santé.

Peu intéressé à donner des entrevues, il était connu comme un «génie solitaire» dans les rues de Leblón, quartier du sud de Rio où il vivait, mais il était rarement aperçu.

Ses funérailles doivent avoir lieu lundi. Il laisse derrière lui trois enfants.

La chanteuse Daniela Mercury a déclaré que Joao Gilberto était un «génie qui a révolutionné la musique populaire brésilienne», ajoutant que celui-ci «nous a appris à chanter de la manière la plus belle du monde. »

«Va en paix, maestro», a-t-elle écrit.

 

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