Joe Biden dément catégoriquement les allégations d’agression sexuelle

WASHINGTON — Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden, a catégoriquement démenti vendredi les allégations d’une de ses anciennes employées selon lesquelles il l’aurait agressée sexuellement au début des années 1990, affirmant que «cela ne s’est jamais produit».

Ces premières remarques publiques de M. Biden sur l’accusation de l’ancienne employée, Tara Reade, arrivent à un moment critique pour le candidat démocrate, qui tente de faire descendre la pression après avoir laissé aux membres de son équipe le soin de nier les allégations au cours des dernières semaines.

«Je dis sans équivoque que cela ne s’est jamais, jamais produit», a déclaré M. Biden dans une entrevue à l’émission «Morning Joe», de MSNBC.

M. Biden a déclaré qu’il demanderait aux Archives nationales de déterminer s’il existe un dossier de plainte, comme Mme Reade l’a affirmé, mais il a répété à plusieurs reprises qu’il ne pensait pas qu’un tel dossier existe.

Mme Reade n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires vendredi. Les Archives nationales n’ont pas non plus répondu immédiatement à une demande d’entrevue de l’Associated Press.

«L’ancienne employée a dit qu’elle avait déposé une plainte en 1993, a souligné M. Biden. Mais elle n’a pas de trace de cette prétendue plainte. Les documents de mes années au Sénat que j’ai donnés à l’Université du Delaware ne contiennent aucun dossier sur le personnel.»

M. Biden a ajouté: «Il n’y a qu’un seul endroit où une plainte de ce type pourrait se trouver: les Archives nationales.»

L’ancien vice-président a déclaré «qu’il y a tellement d’incohérences» dans les différentes affirmations de Mme Reade. Mais il a ajouté qu’il ne «remet pas en cause son motif». Il a indiqué qu’au cours de ses cinq décennies dans la vie publique, aucun de ses employés, y compris Mme Reade, n’avait été invité à signer des accords de confidentialité.

«Il n’y a pas d’accord de confidentialité signé, a assuré M. Biden. Personne n’a jamais signé, je n’ai jamais demandé à personne de signer un tel accord. Il n’y a pas d’accord, point, dans mon cas. Aucun.»

Les républicains inquiets de la position politique de plus en plus précaire du président Donald Trump ont bondi sur l’allégation de Mme Reade afin de dépeindre les démocrates comme des hypocrites qui ne défendent que des femmes qui allèguent des actes répréhensibles de la part de conservateurs. Ils lancent leurs critiques malgré le fait que cela pourrait ramener l’attention sur les multiples allégations d’agression sexuelle déposées contre M. Trump.

Les démocrates, quant à eux, sont dans une position délicate de défendre vigoureusement les femmes qui racontent leur histoire tout en se rangeant derrière l’homme qui sera leur porte-étendard dans ce que plusieurs personnes dans le parti considèrent comme l’élection la plus importante de leur vie.

L’élection de novembre entre MM. Biden et Trump sera la première course présidentielle de l’ère #MeToo (#moiaussi), qui a conduit de nombreuses femmes à dénoncer des agressions sexuelles. Donald Trump a lui-même été accusé d’agression et de contacts indésirables par de nombreuses femmes, allégations qu’il nie.

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