Joe Biden pourrait faire place à des républicains au sein de son administration

Nommer quelques républicains au sein de son nouveau gouvernement pourrait permettre au 46e président des États-Unis d’obtenir des appuis de sénateurs républicains, qui devront se ranger derrière les projets prioritaires de M. Biden pour qu’ils se concrétisent.

L’un des principaux conseillers du président-élu Joe Biden, Ted Kaufman, a indiqué que l’équipe chargée d’assurer la transition du pouvoir à la Maison-Blanche se concentrera sur les «écrous et les boulons» qui permettront de constituer la nouvelle administration dans les prochains jours.

M. Biden pourrait attendre quelques semaines avant de dévoiler l’identité des membres de son cabinet. Il a toutefois évoqué à de nombreuses reprises depuis le jour du vote, mardi dernier, qu’il serait le président de tous les Américains, et il a bâti sa course vers la présidence dans un certain esprit de bipartisme. Il pourrait donc nommer des républicains à des rôles importants au sein de son administration.

Plusieurs républicains ont d’ailleurs brisé la ligne partisane pour se ranger derrière M. Biden lors de la dernière campagne, plutôt que d’appuyer le président Donald Trump. Nommer quelques républicains au sein de son nouveau gouvernement pourrait permettre au 46e président des États-Unis d’obtenir des appuis de sénateurs républicains, qui devront se ranger derrière les projets prioritaires de M. Biden pour qu’ils se concrétisent. En effet, le Parti républicain pourrait demeurer majoritaire au Sénat s’ils remportent le deuxième tour des deux élections qui aura lieu en Géorgie le 5 janvier.

Par contre, une collaboration trop étroite avec le camp adverse pourrait déplaire à certains membres plus progressistes du Parti démocrate. Certains d’entre eux craignent déjà que M. Biden soit contraint de reculer sur certaines de ses promesses électorales ambitieuses — comme l’élargissement de l’accès à l’assurance maladie, la mise en place d’une stratégie de relance économique basée sur des investissements fédéraux dans les technologies vertes et sur la création d’emplois pour lutter contre les changements climatiques — si le Sénat refusait de donner son aval à ces projets.

«Je crois que « l’unité » dont Joe Biden a tellement parlé durant la campagne électorale nous forcera à faire des compromis sur certaines idées qu’il a mises de l’avant dans les derniers mois», croit le co-fondateur du Progressive Change Campaign Committee Adam Green. Selon lui, le pays était plus uni lorsqu’il y avait des solutions importantes à des problèmes majeurs, plutôt que dans les interventions à plus petite échelle.

Une réconciliation bipartisane pourrait cependant être difficile si le président Trump ne concède pas la victoire à son adversaire.

Selon Symone Sanders, une directrice de campagne de M. Biden, même si plusieurs élus républicains ont été en contact avec le président élu dans les derniers jours, l’équipe de campagne n’a toujours reçu aucun message de la part du personnel de la Maison-Blanche.

«Je crois que l’équipe de la Maison-Blanche a démontré clairement sa stratégie. Elle va continuer à mettre de l’avant ses mensonges et — en tout respect — ses recours judiciaires non fondés», a affirmé Mme Sanders à l’émission «State of the Union» de la chaîne CNN.

Le sénateur républicain de l’Utah, Mitt Romney, a rappelé que M. Trump a le droit d’avoir recours à des procédures judiciaires et de demander des recomptages. Il a toutefois affirmé que ces contestations ne changeront probablement pas le résultat de l’élection, et que le président devrait songer à changer son discours.

«Je crois qu’il est important de bien choisir ses mots. Lorsque vous dites que l’élection était corrompue, truquée ou qu’elle a été volée, cela donne des arguments aux dirigeants de régimes autoritaires ailleurs dans le monde. Et je crois que cela amène une méfiance de la population envers notre propre système démocratique ici aux États-Unis», a dit M. Romney en entrevue au réseau NBC.

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