John Kerry, un vieux routier de la politique, reprend du service pour le climat

John Kerry, l’un des architectes de l’accord de Paris sur le climat, aura une nouvelle chance de mener la lutte contre les changements climatiques.

Plus tôt cette semaine, le président désigné Joe Biden a choisi ce vieux routier de la politique comme émissaire en matière de lutte contre les changements climatiques. L’équipe de transition de M. Biden a laissé savoir qu’il jouerait un rôle prédominant dans l’administration, M. Kerry étant le premier membre du Conseil de sécurité nationale à se concentrer exclusivement sur les changements climatiques.

«Les États-Unis auront bientôt un gouvernement qui traite la crise climatique comme une menace urgente pour la sécurité nationale», a-t-il écrit sur Twitter.

À l’âge de 76 ans, John Kerry a la stature pour conclure des ententes avec des gouvernements étrangers, lui qui a été secrétaire d’État sous l’administration Obama. Mais il est presque 50 ans plus vieux que les militants qui ont contribué à placer l’enjeu environnemental au centre des débats dans les dernières années.

Varshini Prakash, le directeur principal du groupe climatique Sunrise Movement, dont les membres sont plus jeunes, a qualifié cette nomination de «très bonne décision», affirmant que M. Kerry avait une longue expérience sur les questions climatiques, avec un engagement «à écouter les jeunes voix». Mais M. Prakash a appelé Joe Biden à aller plus loin et à créer un nouveau bureau fédéral pour pousser les agences sur les efforts climatiques.

Dans les quatre dernières années, le président Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, a promu le forage de pétrole et de gaz nocifs pour le climat et l’extraction de charbon, et a progressivement démantelé les efforts de l’administration Obama pour diminuer les émissions des combustibles fossiles.

Joe Biden s’est engagé à réintégrer les États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat. Dans la foulée des élections de mi-mandat de 2018, au cours desquelles de jeunes progressistes comme la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, ont réussi à faire passer les changements climatiques au premier plan des priorités, M. Biden avait promis un plan de 2 mille milliards $ US pour diminuer les émissions dans les secteurs des transports et de l’énergie, notamment.

John Kerry, qui a été longtemps sénateur du Massachusetts, a été le candidat démocrate défait contre George W. Bush en 2004. Il a été le deuxième secrétaire d’État de Barack Obama de 2013 à 2017.

Au Sénat, M. Kerry était à l’origine en 2010 de l’une des plus grandes initiatives législatives à ce jour pour limiter les émissions de combustibles fossiles. L’initiative a achoppé.

Des nuances et des critiques

Brett Hartl, directeur des affaires gouvernementales pour le Center for Biological Diversity, a salué la décision de l’administration Biden à propos de M. Kerry.

Mais «il est important quelque part dans l’administration Biden», en particulier sur le climat, de ne pas toujours voir «les mêmes personnes et acteurs que nous avons vus auparavant sur ces questions», a nuancé M. Hartl.

D’autres défenseurs de l’environnement — dont certains veulent que les États-Unis se détournent de tous les combustibles fossiles d’ici quelques années — étaient plus acerbes.

Wenonah Hauter, de l’organisation Food and Water Action, a indiqué que le bilan de John Kerry était beaucoup trop tiède en matière de limitation des combustibles fossiles.

«Les propositions de Kerry sont des idées défraîchies des années passées qui ne feront pas grand-chose ou rien pour résoudre notre crise climatique», a déploré M. Hauter dans un communiqué.

L’armée américaine a prévenu dans une série de rapports que les changements climatiques constituent une menace pour la sécurité sur de nombreux fronts, notamment sur l’infrastructure militaire américaine et sur la disponibilité de la nourriture et de l’eau «qui peut exacerber les conflits à l’extérieur des frontières des États-Unis.»

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