Jour 1: Couillard lance la campagne électorale en s’en prenant à la CAQ

QUÉBEC — La période de réchauffement est bien terminée, alors la véritable campagne électorale peut maintenant commencer.

D’entrée de jeu, la bataille s’annonce pour être une lutte sans merci entre deux rivaux au cours des 39 prochains jours: le Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par Philippe Couillard, et la Coalition avenir du Québec (CAQ), de François Legault, tous deux déterminés à prendre le pouvoir le 1er octobre.

Au moment de lancer officiellement la campagne électorale, jeudi, le chef libéral et premier ministre sortant a mis en garde la population contre «l’instabilité» que causerait l’élection d’un gouvernement caquiste.

Cela reviendrait, selon lui, à compromettre «des années de travail» accompli pour le progrès du Québec.

En matinée, accompagné de son épouse, Suzanne Pilote, M. Couillard était allé rencontrer le lieutenant-gouverneur J. Michel Doyon, selon la tradition, pour la signature des deux décrets destinés à dissoudre l’Assemblée nationale et à ordonner la tenue d’une élection générale.

M. Couillard s’est présenté devant les médias serein, se disant «de bonne humeur» en ce début de campagne, et prêt à prendre la route «avec fierté et confiance».

En conférence de presse, à Québec, il a jugé que la CAQ cultivait une logique d’affrontement, étant le parti des chicanes, que ce soit avec les régions, les Premières Nations, les médecins spécialistes ou la fonction publique.

En soirée, au cours d’un rassemblement qui s’est déroulé à Sainte-Angèle-de-Prémont, en Montérégie, une région fort convoitée par la CAQ, il a attaqué le parti de François Legault sur sa volonté de bloquer un projet éolien sur la Côte-Nord et de réduire le nombre d’immigrants admis chaque année.

Adieu les châteaux forts, dit Legault

Il n’existe plus «de châteaux forts libéraux» au Québec, a commenté de son côté le chef caquiste, François Legault, lors de son premier discours de campagne, à Québec, avant de prendre la route vers la région de Portneuf.

Depuis des mois, la CAQ trône au sommet dans les sondages.

Il a dit qu’il était grand temps de changer de gouvernement au Québec, de chasser du pouvoir «un gouvernement usé à la corde».

M. Couillard a quand même réussi à servir une rebuffade à M. Legault, juste avant le déclenchement des hostilités, en accueillant dans son équipe la gestionnaire du réseau de la santé Gertrude Bourdon, promise à devenir ministre de la Santé. Jusqu’à samedi dernier, la CAQ croyait que Mme Bourdon allait figurer dans son équipe à elle.

Mais celle-ci a changé de camp à la dernière minute, apparemment. L’annonce de la candidature libérale de Mme Bourdon, dans Jean-Lesage, sera faite vendredi à Québec.

M. Legault a d’ailleurs passé la majeure partie de son point de presse à esquiver les questions sur Mme Bourdon. «Je vous donne un bon « hint » en vous disant: « demandez-lui pourquoi elle est à l’aise avec le fait que les spécialistes gagnent plus que ceux de l’Ontario? »», s’est limité à dire le chef caquiste, laissant paraître une pointe d’amertume.

«Vous allez peut-être avoir une réponse à votre question.»

Les libéraux rejettent d’avance l’étiquette de transfuge pour leur candidate vedette: «Ayant vu ailleurs, elle nous a choisis», a résumé M. Couillard, jeudi.

Indécence politique, dit Lisée

Mme Bourdon, qui a démissionné de ses fonctions jeudi, a déjà flirté également avec le Parti Québécois (PQ), un fait que le chef, Jean-François Lisée, n’a pas manqué de rappeler, en des termes assez durs.

La candidate libérale, directrice générale du CHU de Québec, est un «symbole de l’indécence politique, du vide des convictions», selon lui.

À Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie, M. Lisée a réaffirmé son intention de se poser en défenseur des programmes sociaux, estimant que la CAQ et le PLQ c’était du pareil au même, faisant de l’austérité dans les services publics leur marque de commerce.

C’est quoi la différence entre la CAQ et les libéraux? «Je la vois de moins en moins», a dit M. Lisée.

Le chef des péquistes a aussi dépeint la CAQ comme un parti de droite. En répondant à une question, il a relevé que certains membres influents de l’équipe de François Legault avaient travaillé avec l’ancien premier ministre conservateur fédéral Stephen Harper. Il a évoqué Éric Girard — candidat conservateur à Montréal en 2015 pour l’élection fédérale — pressenti pour être le ministre des Finances de la formation caquiste, et Catherine Loubier, une ancienne conseillère de Stephen Harper, qui doit, selon La Presse, assurer la transition si la CAQ l’emporte le 1er octobre.

QS: Lutte aux changements climatiques

Québec solidaire a lancé sa campagne à Montréal, dans la circonscription de Laurier-Dorion, où le parti de gauche espère faire un gain.

Dans son premier discours de campagne, entourée d’une poignée de militants et de candidats et du co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, la porte-parole Manon Massé a affiché sa préoccupation pour la lutte aux changements climatiques.

«La dette environnementale qu’on est en train de laisser à nos jeunes est inacceptable», a-t-elle commenté, dénonçant l’attrait exercé auprès des autres partis pour la construction d’autoroutes.

La formation ne s’éloignera pas pour autant de ses racines sociales-démocrates.

Manon Massé a promis que son parti parlera «pour le peuple» et qu’au terme de la campagne, les électeurs sauraient «combien d’argent ils vont récupérer dans leurs poches quand on va diminuer les factures et qu’on va augmenter leurs salaires».

Concrètement, cette affirmation repose sur les engagements de Québec solidaire d’offrir une assurance dentaire universelle, de réduire de moitié des tarifs du transport en commun, d’instaurer la gratuité scolaire à tous les niveaux et d’augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure.

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