Jour 1: les cinq chefs se positionnent sur les enjeux de la campagne électorale

QUÉBEC — Les cinq chefs de parti ont eu l’occasion, dimanche, premier jour de la campagne électorale, d’annoncer leurs couleurs et de se prononcer sur les principaux enjeux du scrutin du 3 octobre.

Mais ce qui a été retenu dans le cas du premier ministre sortant et chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, aura surtout été son choix de ne pas nommer ses adversaires et de qualifier la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, de «cette madame-là», créant aussitôt un malaise.

«Mon nom est Dominique.», a immédiatement répliqué Mme Anglade, par l’intermédiaire d’un gazouillis. M. Legault s’est ensuite justifié en disant ne pas vouloir «personnaliser» les débats.

François Legault n’en est pas à sa première maladresse. Il a déjà qualifié la députée de Sherbrooke Christine Labrie de «Mère Teresa» et a accueilli une question du libéral Pierre Arcand en posant une question brutale: «Il n’est pas mort, lui?».

Sur les ondes de RDI, à l’émission Mordus de campagne, des élus qui ne seront pas candidats, transformés en commentateurs politiques, n’ont pas hésité à blâmer le premier ministre sortant. La députée libérale Christine St-Pierre a parlé de «faux pas» et de «bourde», la conservatrice Claire Samson, de «mépris», et la caquiste Émilie Foster a dit que son chef pouvait «être très maladroit», ayant commis «plusieurs bourdes» dans le passé.

Durant sa conférence de presse, devant la chute Montmorency, M. Legault avait dit d’entrée de jeu qu’il n’était «pas parfait» et que l’important était de reconnaître ses erreurs, avec humilité, en restant «authentique».

Il a dit que les électeurs devaient se poser une seule question le 3 octobre: «En qui avez-vous confiance?», pour gérer l’économie du Québec et réparer le système de santé.

Le chef caquiste a aussi reconnu qu’il devait agir pour aider les contribuables à lutter contre l’inflation, promettant d’annoncer dans les prochains jours quatre mesures visant à «remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois», s’il est reporté au pouvoir.

PLQ: L’économie d’abord

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a choisi pour sa part de lancer sa campagne en martelant le thème de l’économie. En mêlée de presse dimanche matin, devant son autocar de campagne, Mme Anglade a soutenu que la question de l’urne le 3 octobre, jour du vote, serait centrée autour du thème de l’économie, avec pour principal enjeu le problème criant de la pénurie de main-d’œuvre.

Elle a promis qu’elle serait à «l’offensive» dans ce dossier durant toute la campagne, talonnant François Legault sur son bilan en ce domaine. L’ex-ministre de l’Économie dans le gouvernement Couillard a aussi affirmé qu’elle présentait la meilleure équipe économique de candidats, une équipe appelée à défendre «les meilleures propositions» de développement économique, parmi tous les partis.

Elle n’a pas pris l’engagement de rétablir et maintenir l’équilibre budgétaire au cours du prochain mandat, si elle forme le gouvernement.

PQ: l’équipe Cendrillon

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a prédit que sa formation ferait mentir les sondages le 3 octobre.

Au plus dans les sondages, il promet de diriger «l’équipe Cendrillon» de la campagne électorale, celle qui «se rendra pas mal plus loin que ce que tout le monde avait prédit».

Le dernier sondage Léger-Journal de Montréal donnait 9 % au PQ dans les intentions de vote. Pour remonter la pente, la formation entend miser sur l’indépendance et la promotion du français.

Le parti veut être le «point de ralliement» des centaines de milliers d’indépendantistes et les convaincre de voter pour le PQ, a affirmé M. St-Pierre Plamondon, lors d’une conférence de presse dans la circonscription de Camille-Laurin (auparavant Bourget), à Montréal, où il se porte candidat.

Le chef péquiste a décoché des flèches à l’endroit de François Legault, le traitant d’«arrogant» qui invite à la «résignation».

QS: le climat d’abord

La présente élection est la «dernière chance» pour lutter contre le réchauffement climatique, a plaidé le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, adoptant un ton alarmiste lors du lancement de la campagne électorale du parti de gauche.

«On a la responsabilité d’agir maintenant, pas dans dix ans, pas à la prochaine élection. [Il faut agir] maintenant. La priorité numéro un, ça doit être la santé des gens et la santé de l’environnement», a-t-il déclaré, entouré de la co-porte-parole Manon Massé et de 75 candidats du parti.

M. Nadeau-Dubois a présenté son parti comme le seul proposant un véritable changement.

PCQ: Non aux mesures sanitaires

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a rejeté l’idée selon laquelle il aurait bâti sa popularité sur la colère des citoyens opposés aux mesures sanitaires, comme l’a suggéré dimanche matin le premier ministre sortant François Legault.

Piqué au vif, il a répliqué aussitôt en disant que, depuis deux ans, M. Legault faisait «peur à tous les Québécois» avec la pandémie de COVID-19.

Le chef conservateur demande à son adversaire de la Coalition avenir Québec (CAQ) de dire «clairement» qu’il s’engage, s’il est réélu, à ne «plus jamais» imposer des mesures sanitaires contraignantes, comme le confinement et le couvre-feu.

Si jamais les caquistes vont encore dans ce sens, ils vont «nous trouver sur leur chemin», a-t-il promis.

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