Jour 12 de la campagne électorale: Legault hanté par ses propos sur l’immigration

Au menu de ce jeudi, des annonces diversifiées : le PLQ mise sur la gratuité des services de garde scolaires sur l’heure du lunch, alors que QS veut investir dans le logement social, et le PQ plaide pour la liberté de parole des députés.

QUÉBEC — Ses propos controversés tenus la veille sur l’immigration sont revenus hanter le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, jeudi, en ce 12e jour de campagne électorale.

Le décès de la reine Élisabeth II a momentanément interrompu la campagne et les chefs des différents partis ont commenté sa disparition, mais la campagne électorale pourra suivre son cours comme prévu. 

Le drapeau a été mis en berne sur la tour centrale du parlement jusqu’aux funérailles de la souveraine et un registre, placé au cabinet du lieutenant-gouverneur, dans l’édifice voisin du parlement, sera mis à la disposition des citoyens intéressés à présenter leurs condoléances à la famille royale.   

Sur le plan politique, le sujet du jour était la question de l’immigration. Sur la défensive, le premier ministre sortant a dû s’expliquer, corriger le tir, cherchant à ne pas donner l’image d’un chef politique considérant l’immigration comme une menace à la paix sociale.

Invité par les médias à préciser sa pensée, jeudi, à Roberval, le chef caquiste a réaffirmé que l’intégration des immigrants était un «défi», mais a dit regretter d’avoir parlé de «valeurs».

La veille, il avait fait bondir ses adversaires, en faisant un amalgame entre l’immigration, la violence et l’extrémisme.

«Les Québécois sont pacifiques, ils n’aiment pas la chicane, ils n’aiment pas les extrémistes, ils n’aiment pas la violence. Il faut s’assurer qu’on garde ça comme c’est là actuellement», avait déclaré M. Legault, mercredi, à propos des seuils d’immigration à privilégier. 

Devant le tollé suscité par sa déclaration, il s’était montré désolé sur les réseaux sociaux en début de soirée, si ses propos avaient entraîné de la confusion, affirmant que l’immigration était une richesse.

«Il ne faut pas nommer quelles valeurs, parce que ça pourrait créer un amalgame, donc effectivement, je n’aurais pas dû nommer de valeurs», a-t-il affirmé jeudi matin.

Mercredi, à Victoriaville, M. Legault commentait le projet d’Ottawa d’accueillir plus d’immigrants, lorsqu’il a affirmé qu’il fallait réfléchir au «genre de société qu’on veut», à nos «valeurs», à la «laïcité» et au «respect».

Appelé à préciser sa pensée, le chef de la Coalition avenir Québec avait répondu: «Il y a une façon de vivre chez nous et on veut la garder.»

Mais la cheffe libérale, Dominique Anglade, a estimé que le mal était fait. Elle était plutôt d’avis que M. Legault a vraiment livré le fond de sa pensée mercredi, ne faisant que tenter depuis de réparer les pots cassés en constatant que ses propos ne passaient pas.

«Ce qu’il a livré hier (mercredi), c’est le fond de sa pensée», est persuadée Mme Anglade, qui donnait une conférence de presse jeudi matin devant une école de Laval.

Du message initial du premier ministre sortant, elle retient que cela revient à dire que «l’autre, qui n’est pas comme nous, peut être dangereux. (…) Il fait une équation entre l’immigration et la violence. On alimente les préjugés en faisant ça. On fait comme si l’autre, c’est le méchant».

Mme Anglade était à Laval pour annoncer qu’un gouvernement libéral offrirait la gratuité du service de garde à l’école, le midi.

De son côté, à Sherbrooke, où la lutte s’annonce serrée entre Québec solidaire (QS) et la CAQ, le porte-parole solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a promis de construire 25 000 logements sociaux dans un éventuel premier mandat et a dit viser un total de 50 000 logements à plus long terme. Il s’agirait là d’un engagement de 3,2 milliards $ pour un premier mandat. 

À Québec, devant le parlement, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a plaidé pour sa part pour une plus grande liberté de parole à accorder aux députés. 

Il a proposé une série de mesures visant à rééquilibrer le partage de pouvoirs entre le premier ministre et les simples députés.

Il veut notamment renforcer les contre-pouvoirs en créant la fonction de directeur parlementaire du budget et en doublant les budgets et les ressources du Vérificateur général.

Un gouvernement péquiste rendrait aussi totalement indépendante du conseil des ministres et du premier ministre la Direction générale de la santé publique. De plus, il mettrait sur pied une agence du transport séparée du gouvernement.

À Montréal, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a prononcé une allocution devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il a notamment dû expliquer pourquoi la plateforme électorale qu’il défend dans cette élection diffère du programme adopté par quelque 800 membres de son parti en novembre dernier.

Lorsque le président de la Chambre, Michel Leblanc, lui a demandé si la «compatibilité civilisationnelle» que les conservateurs disent vouloir exiger de la part des immigrants allait au-delà des exigences actuelles, Éric Duhaime a apporté les précisions suivantes: «C’est dans le programme du parti, mais ce n’est pas dans notre plateforme électorale.»

Disant vouloir «faire la différence entre le programme et la plateforme», il a expliqué que ce qu’il propose aux électeurs, c’est la plateforme électorale adoptée par la commission politique du parti et lui-même. Celle-ci s’inspire du programme, mais ne peut le refléter dans son ensemble puisqu’il est «très volumineux et (porte) sur l’ensemble des sujets».

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M Legault, au lieu de tergiverser sans arrêt sur l’immigration, 50 000 personnes, meilleur contrôle sur le choix, intégration des immigrés, valeurs québécoises à adopter, danger de violence, combattre le multiculturalisme de M Trudeau, etc. pourquoi ne pas déclarer ce qui suit:
Je suis en faveur de l’immigration.
Je souhaite accueillir 100 000 nouveaux immigrants par année pour les dix prochaines années
Mes conditions:
Ils, elles parlent français
Ils, elles comblent un besoin immédiat
50% des »Ils et elles » acceptent de vivre en région pour les cinq premières années
Ils et elles acceptent de vivre selon les valeurs québécoises au niveau de la laïcité, le respect de la langue française, le respect des différentes races qui cohabitent avec la majorité et le respect de l’entente qu’ils ou elles ont accepté de signer lors de leur accueil. Laissons tous les autres partis débattre du nombre, des conditions que tous savent seront plus ou moins respectées par le fédéral. À quoi bon débattre d’un problème auquel on n’a pas aucun contrôle?
Ces gens peuvent être haïtiens, irlandais, écossais, marocains, indiens , chinois, ça n’a aucune importance puisque, je sais, que le peuple québécois que je représente souhaite en accueillir tout autant et sait comment bien les accueillir. Et je sais aussi que ce sont les conditions que le peuple québécois souhaite voir respectées.

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Cette histoire me fait penser aux «votes ethniques» de Parizeau en 1995 et que toute vérité n’est pas bonne à dire! C’était un fait et la violence apportée par le fait de l’immigration est aussi un fait. Le nombre de féminicides et de meurtres «d’honneur» a augmenté drastiquement ces dernières décennies, un phénomène qui était fort mal connu et auquel les autorités n’étaient pas préparées et n’ont su y faire face. On n’a qu’à penser au meurtre de plusieurs femmes noyées en Ontario il y a quelques années.

Mais, ce n’est pas tout. En raison de l’échec d’intégration des immigrants et de leurs descendants dans la société d’ici, des groupes criminels se sont formés et ont pris le haut du pavé dans les grandes villes, dont Montréal. Que ce soient les Maras d’Amérique centrale, les groupes vietnamiens, les triades chinoises, la mafia russe etc. ces groupes misent sur la pauvreté des immigrants qui arrivent ici et dont les diplômes ne sont pas reconnus et dont les jeunes ont peine à trouver un emploi décent. En fait, on s’en sert souvent comme «cheap labour» et cela fait l’affaire du crime organisé. Il y a même les paramilitaires colombiens qui viennent ici pour terroriser les Colombiens et Colombiennes qui ont dû fuir leur pays en raison de la «violencia» et des massacres.

Je suis loin d’être d’accord avec Legault mais il ne faut pas non plus fermer les yeux sur une réalité par peur de viser la vache sacrée de l’immigration. Il nous incombe en tant que société d’accueil à mieux intégrer les immigrants pour qu’ils se sentent à l’aise ici, dans nos valeurs, dans notre langue et avec des emplois qui répondent à leurs aspirations. Cessons de faire l’autruche et attaquons-nous aux vrais problèmes en les énonçant bien haut.

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