Jour 14: Trudeau promet zéro émission de GES; Scheer y voit de l’improvisation

OTTAWA — Au lendemain d’un Sommet sur le climat aux Nations unies et à quelques jours d’un vendredi de grève pour le climat, les chefs fédéraux en campagne électorale avaient beaucoup à dire sur la crise climatique.

Comme le chef libéral faisait campagne sur la côte ouest, mardi, son parti n’a pas attendu sa première apparition médiatique pour annoncer une nouvelle promesse, donnant le ton à cette 14e journée.

Justin Trudeau promet, s’il est réélu, de s’assurer que le Canada atteigne une cible de zéro émission nette de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050. Pareille cible signifie que le Canada pourrait continuer à polluer, mais compenserait toute émission de GES par des mesures pour en atténuer les effets.

Les libéraux croient pouvoir arriver à cette cible en fixant des objectifs «juridiquement contraignants» à atteindre tous les cinq ans.

«Un gouvernement libéral réduira de moitié l’impôt des entreprises qui produisent des technologies à zéro émission», a ajouté le chef libéral lorsqu’il est apparu à Burnaby, en Colombie-Britannique.

Ce cadeau fiscal, les libéraux l’offriraient à des entreprises qui fabriquent des panneaux solaires ou des batteries pour les véhicules à zéro émission, par exemple.

M. Trudeau n’a donné aucun autre détail sur la façon d’arriver à son objectif de 2050.

Ainsi, les libéraux n’ont cité aucun exemple, à part la plantation d’arbres, de mesures qui compenseraient les émissions de GES.

«Je pense que c’est juste un slogan et ça n’a aucune crédibilité. Je veux des mesures à court terme, mesurables et quantifiables, comme mettre un terme à tous les soutiens financiers à l’industrie pétrolière», a réagi le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

«Vous. Avez acheté. Un. Pipeline.», a lancé par voie de communiqué le Nouveau Parti démocratique.

Moins partisan et moins succinct, Greenpeace a également rappelé l’achat de l’oléoduc de Trans Mountain par le gouvernement Trudeau. «Avec cette annonce, les libéraux commencent enfin à s’éloigner des objectifs archaïques de l’époque Harper en plus de vouloir les rendre légalement contraignants», s’est toutefois réjoui Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace.

«Il est un champion en improvisation. Il propose les plans avec aucun détail, écrits sur un napkin, sur le coin de table» a critiqué Andrew Scheer, lors de son arrêt dans le sud de l’Ontario.

Le chef conservateur continue de promettre d’annuler la taxe sur le carbone imposée par le gouvernement Trudeau aux provinces qui n’ont pas de plan de diminution des GES.

Et puis, un gouvernement conservateur s’en tiendrait aux cibles de Paris de réduction de GES, malgré les appels récents et répétés au Sommet des Nations unies sur le climat d’en faire beaucoup plus. La cible que Andrew Scheer promet de respecter serait donc celle d’une réduction de 30 pour cent des émissions de GES en 2030 par rapport à celles de 2005.

Le thème chez le chef néo-démocrate, de passage à Winnipeg, était également résolument vert.

Jagmeet Singh a promis un corridor énergétique est-ouest, comme le corridor espéré par M. Scheer, mais d’énergie propre, celui-là. M. Singh a également promis des investissements pour que tout le transport en commun au Canada soit électrique avant 2030.

Dans les mêmes cordes, la leader du Parti vert, Elizabeth May, a promis, lors d’un arrêt au Nouveau-Brunswick, une stratégie nationale de transport, avec un objectif de zéro carbone pour le transport public d’ici 2040.

Pendant ce temps, son leader adjoint qui se présente dans le comté d’Outremont, à Montréal, faisait une sortie pour s’opposer fermement au projet d’exportation de gaz naturel Énergie Saguenay de GNL Québec. Daniel Green a réclamé que le prochain gouvernement fédéral ne finance «d’aucune façon» ce projet.

Autres promesses et défense du français

Le chef conservateur a promis moins d’impôts et moins de règlements pour les petites entreprises.

De passage dans le sud de l’Ontario, Andrew Scheer s’est engagé à réduire la bureaucratie de 25 pour cent en quatre ans au pouvoir. Il a également promis de faire disparaître deux règlements anciens pour chaque nouveau règlement imposé aux entreprises.

Le Bloc québécois est revenu à la charge avec sa volonté de faire de la connaissance du français une condition pour obtenir la citoyenneté canadienne à partir du Québec.

La mesure toucherait les candidats à l’immigration, et non les réfugiés.

«C’est pas quelque chose de vilain, c’est pas quelque chose d’outrancier, c’est surtout pas quelque chose de raciste, c’est quelque chose de responsable», a argué M. Blanchet au cours d’un point de presse à Montréal. 

Les bloquistes sont également revenus à la charge mardi pour réclamer que la loi 101 s’applique à toutes les entreprises qui ont une adresse au Québec.

Un débat de moins et un candidat de plus

L’Institut Munk, qui espérait voir débattre les chefs des principaux partis de politique étrangère, abandonne son projet.

Le débat devait se tenir mardi prochain, mais le chef libéral Justin Trudeau refusait d’y participer.

Hassan Guillet, candidat montréalais expulsé par les libéraux qui lui reprochent des commentaires passés sur Israël, a pour sa part lancé sa campagne comme candidat indépendant. M. Guillet se présente dans Saint-Léonard-Saint-Michel.

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