Jour 21: le plan d’aide internationale de Scheer s’attire des critiques

Sitôt présentée, sitôt critiquée. Les adversaires d’Andrew Scheer ont tourné au ridicule l’idée du chef conservateur de couper dans l’aide internationale du Canada s’il est élu premier ministre.

La campagne tournait au ralenti en cette 21e journée, mardi, alors que quatre chefs se préparent au premier débat en français organisé par TVA mercredi en soirée.

M. Scheer était le seul parmi eux à présenter une importante pièce de sa plateforme — coupant l’herbe sous le pied à ceux qui lui demandent comment il paiera pour ses promesses tout en retournant à l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans.

De passage à Toronto, le chef conservateur a annoncé son intention de réduire l’aide étrangère de 25 pour cent — soit 1,5 milliard $ par année — pour offrir des baisses d’impôt et des crédits d’impôt aux Canadiens.

Il a justifié cette décision en disant que ces sommes sont versées «à des régimes corrompus et à des pays à revenu moyen et élevé» qui n’en auraient pas besoin.

Trudeau et Singh répliquent

En banlieue de Toronto, le chef libéral Justin Trudeau y a vu une autre preuve qu’un gouvernement Scheer ne combattrait pas les changements climatiques de manière globale.

«Le plan sur le climat d’Andrew Scheer consiste à encourager de l’action dans d’autres pays autour du monde. Mais là, on voit qu’il veut limiter la capacité de ces pays-là de prendre des actions pour contrer les changements climatiques», a-t-il dit.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, en Colombie-Britannique pour une huitième journée consécutive, a déclaré que l’annonce de M. Scheer était une «distraction» pour éviter d’aller chercher l’argent là où il est — dans les poches des plus riches.

M. Singh s’est pour sa part montré en faveur de se rapprocher de la cible de financement d’aide internationale de 0,7 pour cent du PIB recommandée par l’Organisation des Nations unies (ONU). À l’heure actuelle, l’apport du Canada se situe autour de 0,27 pour cent du PIB.

Maxime Bernier, pour sa part, dit qu’un gouvernement du Parti populaire du Canada se retirerait de toutes les ententes sous l’égide de l’ONU et réduirait au minimum son implication dans l’organisation.

En préparation au débat

Après avoir esquivé deux débats en anglais, M. Trudeau affrontera M. Scheer, M. Singh et le chef bloquiste Yves-François Blanchet en français lors du «face-à-face» de TVA mercredi soir.

Ses adversaires ont déjà hâte d’en découdre avec lui.

«Mon but est de démontrer qu’il ne mérite pas un deuxième mandat. C’est clair qu’il ne peut pas défendre son propre bilan avec les grands déficits, les scandales et la corruption», a déclaré M. Scheer.

Il veut démontrer aux Québécois qu’il y a «seulement le Parti conservateur qui peut remplacer Justin Trudeau et le Parti libéral».

M. Singh dit qu’il veut confronter M. Trudeau sur ses promesses brisées pour la jeunesse et pour «Monsieur et Madame Tout le monde». Il a aussi l’intention de lui remettre sous le nez l’achat du pipeline Trans Mountain.

M. Blanchet n’avait pas d’activités prévues mardi, puisqu’il se prépare au débat.

La gratuité scolaire des verts

Aussi de passage à Toronto, Elizabeth May a promis qu’un gouvernement vert s’assurerait d’offrir la gratuité scolaire aux niveaux collégial et universitaire, ce qui rendra les études supérieures accessibles à tous.

Cette mesure coûterait 16 milliards $ selon le Parti vert du Canada. Un autre 10 milliards $ serait investi pour mettre les infrastructures des établissements d’études supérieures à niveau.

Mme May a énoncé une kyrielle de nouvelles taxes qui aideront à payer pour cette promesse. Elle a mentionné, entre autres, vouloir taxer les plus riches, les géants du web et même ajouter une taxe sur les boissons sucrées.