Jour 22: la santé mentale et les aînés sont à l’avant-scène de la campagne

MONTRÉAL — Au 22e jour de la campagne électorale, la santé mentale et les personnes âgées ont attiré l’attention des partis politiques québécois.

Ainsi, le Parti conservateur entend faire la lumière sur les décès survenus dans l’ensemble des  CHSLD du Québec pendant la pandémie de COVID-19.

L’enquête de la coroner Géhane Kamel, qui a publié un rapport en mai, portait sur les décès de 53 personnes survenus dans sept des CHSLD les plus touchés par la crise sanitaire, incluant le CHSLD Herron, mais ses conclusions ratissent beaucoup plus large et, sans demander explicitement une enquête publique, elle invitait le gouvernement Legault «à faire une rétrospective des événements par le véhicule qu’il jugera approprié».

Le chef conservateur Éric Duhaime a aussi plaidé pour une plus grande autonomie des aînés.

Il a notamment proposé de renforcer le soutien à domicile et d’offrir une couverture d’assurance en matière de soins à domicile et de soins de longue durée. 

«Quand on favorise par exemple le maintien à domicile, puis qu’on finance quelqu’un plutôt que d’aller dans une institution, c’est un transfert et non pas un ajout d’argent. Permettre l’assurance autonomie, ce n’est pas une dépense, c’est une proposition qu’on fait, puis les gens vont pouvoir y adhérer ou non», a-t-il expliqué.

Le PCQ souhaite aussi attribuer un crédit d’impôt aux travailleurs désireux de prolonger leur carrière, jusqu’à 23 000 $ pour les 60 ans et plus et jusqu’à 25 000 $ pour les 65 ans et plus.

De son côté, le Parti québécois a réitéré une promesse déjà formulée par le passé en s’engageant à créer un poste de protecteur des aînés.

Si le protecteur du citoyen doit protéger l’ensemble de la population, la réalité des aînés soulève des enjeux précis, explique le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. «On veut que le protecteur des aînés soit entièrement dédié à cette mission-là et développe l’expertise en matière de prévention de la maltraitance.»

M. St-Pierre Plamondon se défend de créer une autre structure tandis que le Protecteur du citoyen s’est déjà penché sur le sujet. «Quand on parle de finances publiques, c’est une dépense de 12 millions $. Ce n’est pas une dépense démesurée, non plus. »

Si le Protecteur du citoyen doit protéger l’ensemble de la population, la réalité des aînés soulève des enjeux précis, selon le chef de la formation souverainiste. «On veut que le protecteur des aînés soit entièrement dédié à cette mission-là et développe l’expertise en matière de prévention de la maltraitance.» 

Santé mentale

Le Parti libéral et Québec solidaire avaient choisi dimanche de faire campagne sur  le thème de la santé mentale.

Un gouvernement libéral investirait à terme 450 millions $ par année dans un programme public de psychothérapie qui permettrait d’obtenir annuellement 15 séances gratuites.

«La santé mentale a autant d’importance que la santé physique. Il n’est pas normal de ne pas pouvoir avoir accès à des soins universels de psychothérapie», a lancé la cheffe du parti Dominique Anglade.

Sous un gouvernement Anglade, une personne pourra utiliser sa carte d’assurance-maladie pour aller chercher des soins en psychothérapie partout au Québec, même au privé.

Le plan libéral prévoit notamment d’offrir des incitatifs pour ramener les travailleurs expérimentés sur le marché du travail, attirer de nouveaux arrivants et accélérer la reconnaissance de diplômes, a indiqué Mme Anglade.

De son côté, Québec solidaire a mis de l’eau dans son frein depuis le printemps dernier en promettant de réduire «au minimum» les listes d’attente en santé mentale.

La formation s’était alors engagée à y mettre fin.

«L’objectif à terme, c’est qu’il n’y ait plus de liste d’attente en santé mentale au Québec. Mais il ne faut pas se voiler le visage; la crise de santé mentale, elle est grave. On veut faire diminuer cette liste-là le plus possible», a affirmé le coporte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

La formation politique a réitéré dimanche son engagement de ramener 900 psychologues dans le réseau public. Elle veut aussi embaucher 1000 professionnels pouvant fournir des services de psychothérapie, tels que des travailleuses sociales, des psychoéducateurs et des sexologues qui seraient déployés dans les réseaux de la santé et des services sociaux, ainsi que dans les écoles.

Après avoir affirmé dimanche matin que l’investissement totaliserait 1,1 milliard $ au cours d’un premier mandat, Québec solidaire a dû se réviser quelques heures plus tard pour dire que la somme totale atteindrait 704 millions $.

Patrimoine religieux

La Coalition avenir Québec (CAQ) investirait 40 millions $ de plus sur quatre ans pour la préservation du patrimoine religieux.

Le chef caquiste François Legault a annoncé qu’il bonifierait deux programmes qui existent déjà, et qui ont des enveloppes totalisant 20 millions $ par an.

Il a pris la peine de préciser que l’État est laïque, mais qu’il fallait préserver le patrimoine légué par nos ancêtres. Protéger cet «héritage collectif» fait partie du «nationalisme» de la CAQ, a-t-il souligné.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a aussi promis dimanche 470 millions $ sur quatre ans pour les villages, mais sans préciser les modalités.

La CAQ voudrait ainsi soutenir les services de proximité comme les marchés d’alimentation qui sont «essentiels» à la vitalité des petites municipalités, selon ce qu’a indiqué François Legault dimanche.

Mais le chef caquiste, en mode attaque, avait plus envie de ferrailler avec ses adversaires solidaires et libéraux.

Dans le premier cas, il a réitéré le credo de son parti depuis plusieurs jours: un gouvernement de Québec solidaire mettrait en péril l’économie du Québec. 

Dans l’autre cas, au candidat libéral dans Viau, Frantz Benjamin, qui l’avait interpellé la veille sur l’immigration, il lui a énigmatiquement répondu qu’il devrait expliquer à sa fille «ce qui se passe en Suède et en Allemagne».

M. Legault n’a pas voulu expliquer à quoi il voulait faire allusion.

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