Jour 26: les chefs s’affrontent dans le premier débat en anglais de l’histoire

QUÉBEC — Les quatre chefs des principaux partis prenaient part lundi à un premier débat en anglais dans l’histoire des campagnes au Québec, et les questions reliées à l’éducation ont particulièrement attiré l’attention.

Si le chef libéral Philippe Couillard a été pris à partie par ses adversaires pour les compressions en éducation, le chef caquiste François Legault n’a pas été épargné avec le projet de son parti d’abolir les commissions scolaires, y compris les neuf commissions scolaires anglophones, et de les convertir en un nombre identique de centres de services.

«On n’équilibre pas le budget en coupant dans les services aux enfants avec des difficultés d’apprentissage», a lancé M. Legault à l’endroit de M. Couillard, lui demandant d’admettre que cela «avait été une erreur».

Revenant sur une annonce importante de sa campagne, le chef péquiste Jean-François Lisée a fait valoir que pour garder les diplômés au Québec, il fallait notamment imposer aux cégépiens anglophones une session obligatoire en français.

Dans un anglais approximatif, Manon Massé de Québec solidaire a promis de réinvestir 1,6 milliard $ en éducation, parce que les écoles en ce moment «ne sont pas très bien».

M. Legault a aussi eu de la difficulté à s’exprimer en anglais, tandis que M. Lisée et M. Couillard étaient beaucoup plus à l’aise.

L’enjeu de l’immigration a de nouveau provoqué des flammèches. «Vous en savez si peu sur l’immigration», a accusé M. Lisée, se montrant particulièrement incisif à l’endroit de François Legault.

Fort de l’appui obtenu plus tôt lundi par la mairesse de Montréal Valérie Plante sur ces enjeux, le chef libéral a accusé M. Legault de nier l’existence de la pénurie de main-d’oeuvre en voulant réduire les seuils annuels d’immigration.

À la modératrice qui demandait pourquoi l’Assemblée nationale avait adopté une motion unanime dénonçant le «Bonjour-Hi», les chefs ont tous semblé s’en distancier. M. Legault a expliqué que pour lui, c’était une question de «choix personnel». 

M. Lisée a traité les libéraux d’hypocrites, car, selon lui, ils changent leur fusil d’épaule quand ils s’adressent aux anglophones.

La mairesse de Montréal rejette la thèse de Legault sur l’immigration

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’est pas une alliée du chef de la CAQ, François Legault, en matière d’immigration.

Lundi, la question de l’immigration est revenue hanter le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour une troisième journée de suite, en ce 26e jour de la campagne électorale.

Valérie Plante a rejeté catégoriquement la promesse phare de M. Legault en ce domaine, s’il prend le pouvoir le 1er octobre, soit de faire passer le seuil maximal annuel de 50 000 personnes à 40 000 personnes, une baisse d’environ 20 pour cent.

Dans un parc de Montréal, aux côtés du chef libéral Philippe Couillard, elle a fait valoir que les besoins en main-d’oeuvre justifiaient sa position, alors que trois pour cent des postes dans la métropole sont présentement vacants.

Legault: un «expert»

Un des députés caquistes, François Bonnardel (Granby), s’est porté à la défense de son chef lundi pour affirmer que malgré ce que laissent croire les déclarations récentes de M. Legault, ce dernier était «un expert en immigration».

Durant le week-end, M. Legault a à deux reprises fourni des réponses erronées à des questions de journalistes portant sur le processus d’immigration canadien.

Selon M. Bonnardel, qui tenait une conférence de presse sur l’aide médicale à mourir, il serait faux de conclure que son parti souffre d’un déficit de crédibilité sur l’enjeu de l’immigration.

CAQ: Aide à mourir

Si la CAQ est portée au pouvoir, elle mènera un débat sur la pertinence d’élargir l’aide médicale à mourir aux personnes atteintes de démence et d’Alzheimer sévère.

La Coalition avenir Québec (CAQ) s’engage également à investir 5 millions $ par an pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer.

PQ: Achat local

Un gouvernement du Parti québécois (PQ) favoriserait quant à lui l’achat local.

La règle usuelle du «plus bas soumissionnaire» pour les contrats publics serait modifiée pour inclure d’autres facteurs liés au respect de l’environnement, des droits des travailleurs et de la langue française.

Cela rendrait la tâche plus difficile aux entrepreneurs corrompus et à ceux qui font de la collusion, estime le PQ.

PLQ: Plus de voitures électriques

S’il est réélu, le Parti libéral offrirait 1000 $ de plus aux Québécois pour l’achat d’un véhicule électrique, et 200 $ supplémentaires pour l’achat d’une borne à domicile.

C’est ce qu’a promis le chef libéral Philippe Couillard, lundi à Montréal.

Il ferait passer le soutien gouvernemental pour l’achat d’un véhicule électrique de 8000 $ à 9000 $, et celui pour la borne à domicile de 600 $ à 800 $.

Ces mesures représentent un investissement additionnel de 155 millions $ sur trois ans. Elles seront financées à l’intérieur des dépenses prévues pour le Fonds vert.

Le secteur des transports est responsable de 40 pour cent des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec, a rappelé M. Couillard.

QS: Ménage dans les nominations

Québec solidaire est revenu à la charge de son côté pour réclamer que certaines nominations soient faites par l’Assemblée nationale, et non par le gouvernement, pour éviter toute partisanerie.

Un gouvernement solidaire modifierait le mode de nomination des dirigeants des corps policiers chargés de faire enquête sur la corruption et exigerait une transparence totale dans les dépenses de l’Assemblée nationale.

Ainsi, le mode de nomination des dirigeants de la Sûreté du Québec (SQ) et de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) serait modifié afin qu’ils soient nommés désormais aux deux tiers des membres de l’Assemblée nationale.

TVA: En grève?

Le réseau de télévision TVA pourrait devoir composer avec une grève de ses employés à compter du 22 septembre, menaçant la diffusion de la soirée électorale, le 1er octobre.

Cependant, les négociations ont repris, lundi matin, entre la direction de TVA et le syndicat représentant ses 830 employés à Montréal, qui regroupe non seulement les journalistes, mais aussi les techniciens, caméramans, monteurs, réalisateurs, employés de bureau et autres.

Les syndiqués se sont déjà dotés d’un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée à compter du 22 septembre. Ils menacent de l’exercer et de compromettre ainsi la diffusion de la soirée électorale à TVA.

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