Jour 28: Les candidats caquistes serrent les rangs derrière leur chef

QUÉBEC — Plusieurs candidats caquistes ont serré les rangs, mercredi, derrière leur chef, François Legault, malmené dans les sondages et pointé du doigt par ses rivaux, en raison de ses positions controversées et des déclarations contestées sur l’immigration.

Le chef de la CAQ n’avait pas d’activité publique, mercredi, en ce 28e jour de campagne, occupé qu’il était à préparer le troisième et dernier débat des chefs, qui aura lieu jeudi soir.

En conférence de presse, plusieurs de ses candidats vedettes — dont Marguerite Blais, Sonia LeBel et Ian Lafrenière — ont senti le besoin de réaffirmer leur confiance indéfectible en leur chef, confirmant par leur geste que les derniers jours avaient été difficiles pour lui.

Le candidat caquiste de Vachon, Ian Lafrenière, a martelé que François Legault était «l’homme de la situation».

À ses côtés, l’ancienne procureure Sonia LeBel a assuré que «pas une seconde (sa) confiance en François Legault a vacillé», un sentiment qui n’est pas «tributaire des sondages».

Les huit aspirants députés ont par ailleurs assuré qu’ils restaient optimistes face aux chances de la CAQ de l’emporter le 1er octobre prochain, et ce, en dépit des récents sondages montrant que la CAQ est sur une pente descendante.

Un candidat caquiste issu de l’immigration est venu jeter un autre pavé dans la mare, mercredi, en osant contredire son chef sur ses politiques d’immigration et de possibles expulsions suivant des échecs répétés au test de français et au test de valeurs promis par M. Legault.

Selon Mathieu Quenum, originaire du Bénin et candidat dans Matane-Matapédia, «on ne peut pas renvoyer les gens» dans leur pays d’origine.

Selon lui, François Legault «n’a jamais dit qu’on va renvoyer, qu’on va expulser les gens», alors que le chef caquiste a été clair sur cette question durant le premier débat en français.

La CAQ a dû aussi se défendre de vouloir contrôler les médias. Le parti a nié avoir une politique exigeant des journalistes qu’ils fournissent leurs questions 24 heures à l’avance pour espérer obtenir une entrevue avec un candidat, une pratique contraire aux normes journalistiques.

Selon un article du quotidien Le Soleil, l’équipe du candidat caquiste dans Matane-Matapédia a réclamé d’un média local qu’il lui fasse parvenir un questionnaire 24 heures à l’avance, de façon à ce que le parti décide s’il allait autoriser ou non une entrevue.

PQ: 2,3 milliards $ pour les écoles

Pendant ce temps, s’il est élu, le Parti québécois (PQ) a promis d’ajouter 2,3 milliards $ dans l’enveloppe du Plan québécois des infrastructures (PQI) afin de rénover les écoles du Québec.

C’est la vice-chef du PQ, Véronique Hivon, qui en a fait l’annonce dans une école de Montréal, mercredi matin.

Le chef péquiste Jean-François Lisée s’est retiré de la campagne, lui aussi, pour préparer le prochain débat des chefs, qui sera diffusé par TVA.

Le PQ a dû aussi se porter à la défense d’un de ses candidats ayant eu des démêlés avec la justice.

Mme Hivon a estimé que le candidat péquiste des Îles-de-la-Madeleine et ancien maire de l’endroit, Joël Arseneau, pouvait devenir député, même s’il ne peut pas exercer la fonction de maire et de conseiller municipal en vertu de l’ordre d’un tribunal.

Il avait accumulé pour plus de 28 000 $ de dettes envers la ville, en raison de comptes de dépenses sans pièces justificatives.

Mme Hivon a fait valoir qu’il s’agissait «d’entorses jugées mineures» par le parti et qui n’ont pas été cachées au public.

PLQ: Main-d’oeuvre autochtone

Le chef libéral Philippe Couillard a ramené une fois de plus à l’avant-plan, mercredi, le problème de la pénurie de main-d’oeuvre.

De passage à Val-d’Or, en Abitibi, M. Couillard a dit croire qu’il fallait aller chercher davantage de travailleurs chez les Premières Nations.

Sans dire précisément comment il comptait s’y prendre, il a insisté sur l’importance de respecter les différences culturelles et de rapprocher les peuples.

À titre d’exemple, il a dit être conscient de toute l’importance que revêtait la chasse à l’oie pour la communauté autochtone près de Val-d’Or.

La veille, Philippe Couillard avait rencontré des hommes d’affaires qui ont dû fermer un de leurs restaurants, faute d’employés.

S’il est réélu le 1er octobre, il s’engage également à aider les personnes plus âgées à retourner sur le marché du travail, à temps partiel.

Par ailleurs, aucune rencontre n’était prévue entre M. Couillard et les groupes de femmes autochtones de Val-d’Or, qui ont fait les manchettes au cours de l’année, en se disant victimes de violences sexuelles par des policiers. 

M. Couillard a dit suivre de près les travaux de la commission Viens, qui se penche sur les relations entre Autochtones et forces de l’ordre, et s’engage à donner suite au rapport.

Rapport de force avec Ottawa

De passage à Rouyn-Noranda plus tard mercredi, M. Couillard est revenu sur les propos qu’il avait tenus dans le cadre du premier débat, alors qu’il prévenait la Coalition avenir Québec de ne pas rouvrir l’Accord Canada-Québec relatif à l’immigration, car Ottawa pourrait déchirer l’entente.

Le chef caquiste avait promis de rapatrier des pouvoirs d’Ottawa, plus précisément le volet de la réunification familiale.

Mercredi, M. Couillard a tempéré ses propos, laissant entendre que dans le pire des cas, l’entente resterait la même.

Le chef libéral a ajouté que, selon lui, le rapport de force du Québec envers Ottawa n’a jamais été aussi bon, notamment à cause de la bonne gestion des finances publiques.

QS: Un parti socialiste?

Québec solidaire est un parti «révolutionnaire, certes», mais pas nécessairement révolutionnaire socialiste, bien qu’il veuille socialiser l’économie pour la rendre plus équitable, a soutenu mercredi la coporte-parole du parti et aspirante première ministre de Québec solidaire, Manon Massé.

Elle prenait la parole devant 200 convives de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

C’est le président de la Chambre, Michel Leblanc, qui lui a carrément demandé si QS était un parti révolutionnaire socialiste, après avoir énuméré des industries que le parti serait prêt à nationaliser, selon son programme, comme les banques, les mines et les forêts.

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