Jour 31: Le NPD et le PCC publient le coût de leurs promesses électorales

OTTAWA — À 10 jours du vote, néo-démocrates et conservateurs publiaient vendredi le coût de leurs promesses électorales.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) prévoit un déficit de 32,7 milliards $ dès la première année, s’il prend le pouvoir. Il n’a pas de plan pour rétablir l’équilibre budgétaire.

Les promesses de dépenses les plus importantes du NPD comprennent 10 milliards $ pour une assurance-médicaments nationale, 5 milliards $ pour la construction de nouveaux logements abordables et 1,8 milliard $ pour mettre fin aux avis d’ébullition d’eau dans les communautés autochtones.

Les nouvelles recettes proviendraient en grande partie des entreprises et des riches Canadiens.

«Depuis des décennies, on a vu des coupures, coupures dans les revenus, coupures dans les services. Donc, on veut changer ça. C’est une direction mauvaise pour le Canada, pour la société. À cause des mauvaises décisions depuis beaucoup d’années, il faut avoir le courage de tourner la direction. Et pour faire ça, il faut augmenter les revenus et augmenter les investissements dans les gens», a argué Jagmeet Singh à une conférence de presse matinale, à Ottawa.

Andrew Scheer, lui, a choisi de présenter ses chiffres en après-midi, sur la côte ouest.

Avant de quitter Ottawa vendredi matin pour un dernier périple de 10 jours, son adversaire libéral a choisi de ne rien dire des chiffres néo-démocrates mais de prendre le temps de se moquer du moment choisi pour publier les calculs conservateurs.

«Nous le savons tous, vous ne livrez pas votre meilleur travail à 18h, un vendredi, veille d’un long week-end», a lancé Justin Trudeau, applaudi par une petite foule de militants. M. Trudeau brandissait une copie «un peu froissée» de sa propre plateforme chiffrée publiée il y a deux semaines.

Puis en après-midi, les libéraux se sont donné la peine de couler, presque une heure avant son dévoilement, le contenu de la plateforme conservatrice.

Afin d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2024-2025, la formation de M. Scheer retarderait la construction d’infrastructures, imposerait une taxe sur les géants du web, forcerait les compagnies de tabac à payer pour les campagnes antitabac et réduirait les dépenses fédérales de plusieurs milliards de dollars.

Du côté des dépenses, les conservateurs prévoient 6,2 milliards $. La majeure partie de cette somme correspond à des crédits d’impôts et des baisses d’impôts.

«On va protéger les services publics, a promis Andrew Scheer à Tsawassen, en Colombie-Britannique. On va maintenir les augmentations pour la santé et l’éducation. (Mais) il est essentiel que le gouvernement arrête d’emprunter l’argent des contribuables. (…) Avec le plan de Justin Trudeau, on ne va jamais équilibrer le budget.»

Aussi à Ottawa tôt vendredi matin, la leader du Parti vert se désolait d’un des calculs déjà connus des conservateurs.

«Je suis absolument étonnée par l’engagement de M. Scheer de couper notre aide vers les pays les plus pauvres de 25 pour cent. C’est une idée affreuse et contre les intérêts des Canadiens», de l’avis d’Elizabeth May.

Mme May était justement là pour souligner les engagements des verts sur la scène internationale.

«Le monde a besoin du Canada, particulièrement dans les négociations climatiques», a offert Mme May. Se désolant de la nouvelle faiblesse politique d’Angela Merkel, Mme May a argué qu’il y a une place à prendre. «Nous avons besoin d’un Canada avec un premier ministre courageux pour faire les choses qu’on doit faire», a-t-elle dit.

Encore un appel aux Québécois

Comme au dernier débat des chefs de la veille, Justin Trudeau a rebrandi le spectre de Stephen Harper pour s’attirer les votes des Québécois et les détourner du Bloc québécois.

«Pendant 10 ans, M. Harper a été aidé par le fait que les Québécois avaient envoyé une grande majorité (de bloquistes) à la Chambre des communes. Et ça, ça a permis à M. Harper de couper dans les dépenses pour les familles, pour les aînés, couper dans la culture, mais aussi rien faire pour lutter contre les changements climatiques, rien faire pour l’environnement», a-t-il voulu se souvenir.

«Les Québécois veulent être dans l’action, pas dans l’opposition», a-t-il déclaré.

Et puis que faire du pipeline Trans Mountain?

Au débat de jeudi soir, le chef du Bloc québécois a dressé la liste des moyens de regarnir les coffres de l’État sans imposer davantage les citoyens.

«Faut vraiment aller chercher les revenus supplémentaires», a souligné Yves-François Blanchet qui a cité la revente du pipeline Trans Mountain comme nouveau revenu possible.

Bloquistes, verts et néo-démocrates en ont contre l’achat de cet oléoduc par le gouvernement Trudeau. Les conservateurs et les libéraux veulent compléter l’expansion de ce pipeline afin qu’il transporte plus de pétrole des sables bitumineux vers la côte ouest et, de là, vers les marchés asiatiques.

En conférence de presse vendredi matin, Jagmeet Singh disait ne pas pouvoir décider ce qu’il en ferait s’il prenait le pouvoir. «Je veux prendre des décisions prudentes, (…) basées sur toutes les informations. C’est difficile de prendre un engagement sans savoir tous les détails. Mais ce que je peux dire (…), je suis contre l’expansion», a-t-il affirmé.

Le Bloc québécois et les renseignements privés

«Le gouvernement fédéral est le valet des banques de Toronto. Il les laisse choisir elles-mêmes des règles qui s’appliquent à elles et ce sont les citoyens du Québec qui en paient le prix», a écrit M. Blanchet dans un communiqué bloquiste.

Sa formation promet, après les élections, de déposer un projet de loi pour mieux protéger les renseignements personnels des clients des banques. L’éventuel projet de loi forcerait les institutions financières à mieux contrôler l’identité du client avant d’autoriser une transaction. Il obligerait aussi les banques à déclarer chaque année le nombre de fraudes liées au vol d’identité qu’elles ont pu détecter.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

Commentaires
Laisser un commentaire