O’Toole écrit à Legault et Trudeau rappelle Harper

Ce que vous devez savoir de la 31e journée de la campagne électorale fédérale.

OTTAWA — Au 31e jour de la campagne électorale, le chef conservateur tentait une offensive de charme au Québec — une autre —, le chef libéral rappelait les années Harper afin de contrer le vote bloquiste, et le chef du Bloc québécois se voyait retirer une invitation par les Acadiens du Nouveau-Brunswick.

Erin O’Toole a envoyé une lettre à François Legault, missive publiée dans les journaux de Québecor mardi matin. Il y reprend ses promesses pour le Québec et confirme que les 6 milliards de dollars en cinq ans dans le cadre d’un programme national de garderies ne seront pas là, s’il prend le pouvoir. Il fait plutôt miroiter « de l’argent pour de futures ententes avec les provinces ».

En point de presse à Russell, en Ontario, mardi avant-midi, il a refusé de mettre un chiffre précis sur ces possibles ententes fédérales-provinciales sur les garderies. Il a plutôt rappelé son crédit d’impôt pour les familles, mesure qui remplacerait le programme national libéral de garderies.

« Nous allons laisser les familles prendre les décisions », a-t-il répété.

« Notre aide va directement aux familles, pas à d’autres gouvernements et d’autres paliers de gouvernement », a-t-il ajouté, semblant contredire son engagement à conclure de nouvelles ententes avec les provinces sur les garderies.

Ses adversaires n’ont pas tardé à commenter sa lettre. Le chef du Bloc n’y a vu « rien de nouveau ». « Ça reste Erin O’Toole. Ça reste les conservateurs », a dit Yves-François Blanchet lors d’un arrêt de campagne à Cap-aux-Meules.

« Depuis des semaines et des mois maintenant, il dit qu’il va annuler nos accords sur les garderies. Il ne va pas créer [des places en garderies] », a martelé Justin Trudeau depuis la Colombie-Britannique.

M. O’Toole, lui, maintient que des places en garderie seront créées « parce qu’on va donner plus d’argent directement aux familles ».

Encore en campagne sur la côte Ouest, le chef libéral a pour sa part argué que, non, un gouvernement minoritaire avec une forte délégation du Bloc québécois ne garantit pas la meilleure défense des intérêts du Québec.

« On se souvient très bien que le Bloc québécois sous M. Harper ne pouvait pas empêcher M. Harper de s’attaquer à la culture, de s’attaquer au français, de rien faire pour le climat, d’assouplir le contrôle des armes à feu », a énuméré Justin Trudeau.

« Si les Québécois sont préoccupés, comme je sais qu’ils le sont, par M. O’Toole et son plan de nous ramener en arrière, c’est pas le Bloc qui peut empêcher un gouvernement conservateur », a-t-il déclaré.

Blanchet pas bienvenu au Nouveau-Brunswick ?

Yves-François Blanchet avait loué un avion, mardi, pour passer quelques heures aux Îles-de-la-Madeleine puis s’envoler à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.

Il y avait prévu une visite à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

« Il y avait une rencontre confirmée avec Alexandre Cédric Doucet, cautionnée par la direction, et le conseil d’administration a fait pression pour, à toutes fins pratiques, l’obliger à annuler une rencontre confirmée », s’est désolé M. Blanchet, en point de presse.

Le chef bloquiste soupçonne que des élus fédéraux au Nouveau-Brunswick ont convaincu la Société de l’Acadie de retirer l’invitation.

La SANB dit qu’il n’en est rien. « Cette version des faits est simplement fausse », peut-on lire dans un communiqué publié mardi après-midi. On y reproche à M. Blanchet de prétendre qu’il a été « la seule voix » des Acadiens et des francophones hors-Québec à la Chambre des communes. Déclaration qui serait « la principale raison » du retrait de l’invitation à Caraquet.

« Bien que nous sommes reconnaissants de la volonté de qui que ce soit de nous appuyer dans notre quête d’égalité, les Acadiennes et les Acadiens du Nouveau-Brunswick n’ont pas besoin du Bloc pour se faire entendre sur la Colline parlementaire », écrit M. Doucet.

Le chahuteur de trop ?

À Burnaby en Colombie-Britannique, lundi soir, un chahuteur a lancé insultes et obscénités à Justin Trudeau qui arrivait à une station de télévision pour y faire une entrevue. Un de ses gros mots visait directement Sophie Grégoire.

« Il n’y aurait pas un hôpital que tu devrais aller déranger maintenant ? » lui a lancé le chef libéral, manifestement excédé.

Des mots qu’on lui reprochait mardi.

« Trouver des chahuteurs sur sa route, ce n’est pas bien grave. Ça arrive », a réagi le chef du NPD, Jagmeet Singh, lors d’un point de presse à Toronto où il était venu dénoncer, une fois de plus, les tarifs d’internet et de téléphones cellulaires.

M. Singh a rappelé qu’il trouve inacceptable que des travailleurs de la santé se fassent harceler. « Et [M. Trudeau] n’aurait pas dû faire des farces avec ça, parce que c’est dangereux, et ça cause de vrais problèmes à beaucoup de monde », a-t-il sermonné.

« Je préférerais qu’ils viennent m’attaquer que de s’en prendre à des infirmières vulnérables, des médecins qui vont aider les gens. Mais cet individu-là a attaqué de façon personnelle et dégueulasse ma femme », s’est justifié M. Trudeau.

Les verts encore divisés ?

En campagne à Charlottetown, la leader du Parti vert a tenté de minimiser la sortie de l’aile québécoise de son parti qui annonçait mardi une plateforme qui n’est pas au même diapason que la version canadienne.

« Dans notre parti, il y a de la place pour des différences d’opinions », a dit Annamie Paul, en point de presse.

Puis, Mme Paul a contredit clairement une partie de la plateforme verte québécoise.

« Moi j’étais très claire — ce n’est pas uniquement ma position, mais c’est la position de notre parti — en tant que cheffe, sur le projet de loi 96 et aussi sur la loi 21 », a-t-elle dit. Mme Paul se montre très critique des deux textes législatifs québécois ; ce qui n’est pas le cas de ses militants au Québec.

« Je n’ai pas eu l’opportunité de lire la présentation des membres du Québec. […] Si vous me demandez est-ce que j’aurais préféré de ne pas recevoir la nouvelle [de] cette manière ? Absolument », a-t-elle laissé tomber.

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