Jour 5 de la campagne électorale: La sécurité des élus éclipse tous les autres enjeux

En ce cinquième jour de la campagne électorale, les gestes haineux et menaces de mort dont font l’objet certains candidats ont été au coeur des discussions.

QUÉBEC — La sécurité des élus et candidats, victimes de gestes haineux, voire de menaces de mort, a éclipsé tous les autres enjeux, jeudi, en ce cinquième jour de la campagne électorale.

La députée libérale et candidate Marwah Rizqy a été menacée de mort, tandis que son collègue Enrico Ciccone a vu son bureau de circonscription volé et saccagé au cours des derniers jours. 

Sur les réseaux sociaux, plusieurs députés et candidats caquistes (Sylvain Lévesque, Joëlle Boutin, Benoit Charette, Isabelle Lecours et Vincent Caron, notamment) ont vu les reproductions de leur photo officielle de campagne souillées, comme si elles étaient tachées de sang. Sylvain Lévesque a porté plainte à la police.

À Sherbrooke, jeudi matin, Mme Rizqy a jeté le blâme sur le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, pour la détérioration du climat social, en lui reprochant «de canaliser la haine», rappelant en particulier une déclaration faite en juin dernier.

M. Duhaime avait alors affirmé qu’il souhaitait prendre toute la «grogne» qu’il percevait au Québec et «la faire entrer dans les murs du parlement».

«Non, on ne veut pas de grogne au parlement, on veut des gens avec de la stature, qui veulent travailler pour faire avancer le Québec, qui ont des propositions», a riposté Mme Rizqy, en réclamant une protection policière pour elle-même et pour tous les candidats faisant l’objet de menaces ou de propos haineux. Elle dit même songer à se retirer de la course si on ne lui fournit pas de protection. 

Le chef conservateur n’a pas tardé à réagir pour inviter Mme Rizqy «à la prudence», estimant que la députée se situait en «terrain très glissant» avec ses attaques. Il a justifié ses positions en affirmant qu’il donnait une voix aux gens qui se sentaient exclus du débat public et que son objectif consistait à «transformer le désespoir en espoir».

Le premier ministre sortant, François Legault, a tenté de calmer le jeu dans un bref message de 15 secondes sur Twitter. Le chef caquiste a demandé à la population de «faire attention» et de ne pas contribuer à «attiser la colère». M. Legault a aussi suggéré aux élus et candidats de s’adresser à la Sûreté du Québec (SQ), s’ils se sentaient menacés.

Autres enjeux occultés

Ce climat de vive tension aura totalement occulté les annonces du jour des différents partis.

Plus tôt en journée, en Mauricie, le chef caquiste s’était engagé à investir 400 millions $ supplémentaires pour recruter et former 660 médecins et 5000 professionnels de la santé, s’il est reporté au pouvoir le 3 octobre. Interrogé à savoir où il prendrait toutes ces ressources, dans un contexte de grave pénurie de main-d’œuvre, il a dit miser sur la requalification d’un grand nombre de personnes.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a annoncé qu’un éventuel gouvernement libéral éliminerait le droit de mutation immobilière, appelé communément «taxe de bienvenue», pour les acheteurs d’une première maison. Cette mesure, assortie aussi d’une amélioration du Régime d’accès à la propriété (RAP), coûterait 350 millions $ par année.

Une tuile n’attend pas l’autre pour la cheffe libérale depuis le début de la campagne. Une autre l’attendait jeudi, alors qu’un des piliers du parti, Yvon Vallières, qui a été ministre, président de l’Assemblée nationale et député libéral de Richmond pendant quelques décennies, a donné son appui à Éric Lefebvre, député caquiste et candidat dans Arthabaska, la circonscription voisine. 

Pendant ce temps, en Gaspésie, le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a réaffirmé une promesse déjà connue du parti visant à offrir une assurance dentaire publique universelle.

L’assurance couvrirait 100 % des frais de soins dentaires pour les jeunes de moins de 18 ans, les prestataires de l’aide sociale et les aînés recevant le Supplément de revenu garanti. Les autres pourraient se faire rembourser 80 % des frais de nettoyage et des soins de prévention, et 60 % des frais liés aux soins curatifs, comme les obturations et les traitements de canal.

L’unilinguisme de certains patrons dans les grandes sociétés québécoises s’est invité dans la campagne électorale. M. Nadeau-Dubois a critiqué «l’arrogance des big boss» sur le plan linguistique, tandis que Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, y a vu la démonstration de la nécessité de faire l’indépendance du Québec.

La caravane du Parti québécois (PQ) a poursuivi sa route électorale à l’extérieur du Québec afin de marteler son message sur l’indépendance. Le chef péquiste a fait un arrêt à Ottawa pour énumérer les nombreux refus essuyés par François Legault à la suite de ses demandes au gouvernement fédéral.

À Montréal, le chef conservateur Éric Duhaime est revenu à la charge pour proposer de verser un «bon de garde» de 200 $ par semaine par enfant à tous les parents à la recherche d’une place en garderie, parce qu’il ne veut pas que ceux-ci soient «otages d’un monopole public», sous-entendu les Centres de la petite enfance (CPE).

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