Jour 5 de la campagne: objection de conscience, avortement et normes pour les CHSLD

Ce que vous devez savoir de la cinquième journée de la campagne électorale fédérale.

OTTAWA — Au cinquième jour de la campagne électorale, jeudi, le chef conservateur a été obligé de faire et refaire sa profession de foi en faveur du droit à l’avortement.

Libéraux, bloquistes et néo-démocrates attaquaient Erin O’Toole qui a mis dans son programme la promesse de protéger le droit des professionnels de la santé de refuser de poser certains gestes médicaux, pour des raisons morales ou religieuses.

Lors d’un point de presse matinal à Ottawa, M. O’Toole n’a pas voulu dire si cette protection s’appliquerait au refus d’un service d’avortement. Il a plutôt parlé d’aide médicale à mourir, et il a répété qu’il est «pro-choix».

«Je suis pro-choix et tous les chefs de partis dans cette élection sont pro-choix; c’est intéressant. (…) L’accès à l’avortement est un droit pour les femmes d’un océan à l’autre. (…) Comme premier ministre, je vais défendre ça», a-t-il dit.

Rien pour tempérer les attaques de ces adversaires.

«Erin O’Toole ne comprend pas: (…) être pro-choix, c’est pas une question de choix pour les médecins, c’est une question de choix pour les femmes», a lancé Justin Trudeau. Jagmeet Singh a vu dans l’intention des conservateurs «une autre barrière pour l’accès aux services», tandis que le plus tendre des trois, le chef bloquiste Yves-François Blanchet, a estimé la formule «un peu ambiguë».

Promesses du jour

M. O’Toole aurait préféré parler de sa promesse du jour: transformer des bureaux de fonctionnaires fédéraux en logements.

«Pour construire plus de logements, on va libérer au moins 15 % des immeubles qui appartiennent au gouvernement fédéral», a-t-il promis.

Également jeudi, M. O’Toole a promis d’appuyer la communauté LGBTQ, notamment sur les «poppers». Ce relaxant musculaire largement utilisé par les hommes ayant des relations homosexuelles nécessite une ordonnance et circule sur le marché gris en raison de sa disponibilité limitée, mettant potentiellement en danger la sécurité des utilisateurs.

M. O’Toole a déclaré que les conservateurs défendraient les membres de la communauté LGBTQ, notamment par l’entremise de demandes à Santé Canada, dans le but de créer un approvisionnement plus sûr.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) était pour sa part à Edmonton pour réclamer une hausse des transferts en santé aux provinces et, plus encore, réclamer que les provinces dépensent davantage en soins de santé.

«La pandémie frappe fort; on doit investir dans nos soins de santé», a plaidé Jagmeet Singh.

Le Conseil de la fédération réclame une hausse immédiate des transferts pour qu’ils atteignent 35 % des coûts en santé, sans condition.

M. Singh appuie «absolument» la demande.

Le chef bloquiste aussi.

Sans surprise, Yves-François Blanchet a dit oui à cette revendication dans une lettre transmise jeudi au président du Conseil de la fédération, le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister.

À ces demandes des provinces, relayées par les bloquistes et les néo-démocrates, pour les transferts en santé, M. Trudeau a répété qu’on en parlerait, une fois la pandémie finie.

«Comme je l’ai promis bien souvent, on va augmenter les transferts en santé parce qu’on sait qu’il y a plus de besoins, en sortant de cette pandémie», a-t-il offert, lors d’un arrêt à Victoria.

Querelle fédérale-provinciale à l’horizon?

Et puis, le chef libéral a ouvert un autre dossier qui risque de lui attirer les foudres des provinces.

«C’est le temps de se dire qu’on va collaborer tous ensemble pour que des tragédies comme celles qu’on a vues dans les centres de soins de longue durée n’arrivent plus jamais», a-t-il déclaré.

Il a ainsi promis de verser 9 milliards $ en cinq ans aux provinces et territoires à certaines conditions: former jusqu’à 50 000 nouveaux préposés aux bénéficiaires, augmenter leurs salaires à au moins 25 $ de l’heure et instaurer des inspections pour un meilleur contrôle des infections.

Le chef libéral prévoit aussi une loi fédérale, à rédiger en collaboration avec les provinces, «pour faire en sorte que les normes de soins puissent être maintenues et améliorées partout au pays».

Et comme il sait qu’il marche sur des oeufs, il a applaudi les efforts déjà faits par les provinces, cité l’embauche de milliers de préposés par le Québec.

«C’est le genre de mesures qu’il faut continuer de prendre partout au pays», a-t-il plaidé, en assurant qu’Ottawa ne va pas «microgérer» les CHSLD qui sont «une responsabilité provinciale».

«On sait que les Canadiens d’un bout à l’autre de ce pays veulent de meilleures qualités de soins pour les aînés. Et c’est exactement ce (dont) on va s’assurer, en respect, en partenariat… parce que c’est trop important pour ne pas le faire. C’est ce qu’on a appris pendant la pandémie», a-t-il insisté.

En soirée, alors qu’il était de passage à Calgary, le chef libéral en a profité pour s’en prendre au premier ministre albertain Jason Kenney et de dresser un parallèle avec le chef conservateur Erin O’Toole, pourtant dans l’opposition.

«Pendant que Jason Kenney prenait des décisions qui vous faisaient tous du tort, et blâmaient les gens (…) pour la pandémie, la réalité est qu’Erin O’Toole, les conservateurs fédéraux, n’étaient pas là pour se battre pour vous. Il était trop occupé à vanter les éloges de Jason Kenney pour travailler pour vous», a ironisé le chef libéral, qui était de passage dans le coin pour mousser la candidature de George Chahal, conseiller municipal à Calgary et l’un des seuls espoirs des libéraux de faire élire un député dans la province.

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