Jour 6 de la campagne électorale: On met le cap sur les soins à domicile aux aînés

La question des soins à domicile était au cœur des principales annonces, en ce vendredi. Les promesses vont de 750 millions à 3 milliards de dollars, selon les partis qui en font un enjeu de la campagne. 

QUÉBEC — Trois chefs de parti ont continué de courtiser le vote des personnes âgées, vendredi, en ce sixième jour de la campagne électorale.

Cette fois, on assiste à une surenchère dans l’offre de soins à prodiguer à domicile, en tenant pour acquis que la plupart des aînés souhaitent retarder le plus possible le moment où ils devront s’installer dans un centre d’hébergement.

S’il prend le pouvoir, le Parti québécois (PQ) veut tripler le nombre d’heures offertes aux soins à domicile, en investissant 3 milliards $ par année de manière récurrente et en y allouant 50 % du budget de soins de longue durée d’ici quatre ans. 

«Notre système de soins de longue durée a besoin d’un électrochoc, d’un véritable virage à 180 degrés qui inversera le modèle actuel, et l’exercice doit être doté de moyens financiers conséquents», a déclaré le chef du parti, Paul St-Pierre Plamondon, de passage à Gatineau.

Il s’engage à ce que «chaque personne aînée qui désire demeurer chez elle en aura la possibilité».

Un gouvernement péquiste abandonnerait par ailleurs l’idée de compléter le mégaprojet du gouvernement Legault de construire un réseau de maisons des aînés, une des promesses phares de la Coalition avenir Québec (CAQ) lors de la campagne électorale 2018. 

Le chef de la CAQ a vivement réagi aux propos du chef du PQ, en affirmant que les aînés avaient besoin des deux: des maisons des aînés et des soins à domicile. «Les deux bras me tombent quand j’entends ça», a dit François Legault, à Lévis, affirmant avoir investi 2 milliards $ en quatre ans pour les soins à domicile.

À Victoriaville, plus tard, il y est allé de son propre engagement: donner «un coup de barre» en investissant 900 millions $ en quatre ans pour les soins à domicile.

Sur le même sujet, Québec solidaire (QS) adopte une approche différente et plus modeste. Un gouvernement solidaire voudrait «doubler» l’offre de soins à domicile, ce qui nécessiterait un investissement supplémentaire annuel de 750 millions $.

QS promet aussi d’offrir une allocation aux proches aidants, qui pourrait atteindre 15 000 $ par année, soit une mesure représentant un investissement de 380 millions $.

C’est ce qu’a annoncé le porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, de passage à Gaspé, convaincu que «trop de gens doivent aller piger dans leurs économies pour avoir des soins à domicile. Ce n’est pas un luxe, c’est un droit», a-t-il dit, avant de prendre la route en direction de Rimouski.

PLQ: fin des maternelles 4 ans

Dans le camp libéral, on a choisi de prendre ses distances d’une autre des réalisations du gouvernement Legault: les maternelles 4 ans, un réseau que les caquistes voudraient étendre à tout le Québec.

Si le Parti libéral du Québec (PLQ) est porté au pouvoir, il ne construira pas de nouvelles classes de maternelles 4 ans, a dit la cheffe Dominique Anglade, de passage en Outaouais, mais conserverait les classes actuelles.

Le PLQ a par ailleurs réitéré son annonce de garantir à tous les enfants une place dans un service de garde subventionné au tarif de 8,70 $ par jour. Ce tarif serait indexé annuellement. Mme Anglade a dit que ce n’était pas aux parents à chercher désespérément une place, mais à l’État à leur en fournir une. 

Il en coûterait ainsi 1,1 milliard $ additionnels par an pour financer 67 000 places supplémentaires. Le financement proviendrait du fédéral qui s’est engagé à verser au Québec près de 6 milliards $ sur cinq ans en petite enfance. 

Pas moins de 52 000 enfants attendent actuellement une place en garderie. 

La CAQ hantée par le 3e lien 

La CAQ a fait campagne à Lévis en vue de parler de santé, vendredi, mais l’enjeu qui a retenu l’attention a été une fois de plus le projet de tunnel sous le fleuve Saint-Laurent entre Québec et Lévis.

Le candidat de la CAQ dans Lévis, l’ex-animateur de radio Bernard Drainville, a livré devant les médias un vibrant plaidoyer en faveur de ce mégaprojet controversé.

«Lâchez-moi avec les GES», a lancé le candidat, qualifiant d’«infernale» la situation de la mobilité entre les deux rives, et faisant valoir que les véhicules électriques seraient nombreux dans le tunnel, produisant peu de gaz à effet de serre (GES).

Il a réclamé un «mandat fort» pour François Legault afin de construire durant le prochain mandat ce tunnel de plusieurs milliards de dollars de fonds publics et dont on connaît peu de détails.

À ce sujet, M. Legault a d’ailleurs admis qu’on ne connaîtrait pas les détails du projet avant la fin de la campagne électorale.

Il a par ailleurs annoncé une mesure destinée à faciliter l’accès au réseau de santé: la création d’une plateforme numérique «Votre santé», qui devrait, en principe, accélérer la prise de rendez-vous pour rencontrer un médecin ou un professionnel de la santé.

PCQ: un appel au calme

Pointé du doigt et blâmé par certains adversaires au cours des derniers jours pour avoir attisé la colère des électeurs, le chef conservateur Éric Duhaime a senti le besoin vendredi de lancer un appel au calme à ses troupes, tout en rejetant l’idée que son parti serait davantage responsable pour la détérioration du climat politique.

M. Duhaime était de passage à Lachute pour présenter à nouveau, en compagnie de son candidat dans Argenteuil, le Dr Karim Elayoubi, son plan santé, axé notamment sur une place accrue au secteur privé et le feu vert donné aux médecins de pratiquer à la fois au public et au privé.

M. Duhaime a condamné «les manifestations de violence de toutes formes, de sympathisants de tous les partis, incluant les conservateurs», tout en ajoutant qu’il n’accepterait pas de jouer les boucs émissaires.

Se disant démocrate, pacifiste, il a cependant dit comprendre qu’en campagne électorale «les esprits peuvent s’échauffer».

Syndicats: pas de baisses d’impôt

Les électeurs qui seraient tentés de se laisser séduire par les promesses de baisses d’impôt de certains partis politiques devraient se rappeler qu’on manque encore d’enseignants et qu’au plus fort de la pandémie, il a fallu faire venir l’armée dans des CHSLD parce qu’on manquait de travailleurs, ont rappelé vendredi les quatre grandes centrales syndicales, la CSQ, la FTQ, la CSN et la CSD.

Baisser les impôts, c’est selon elles «une fausse bonne idée», susceptible d’hypothéquer encore davantage les services publics.

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