Jour 7: Au PQ et à la CAQ, des candidats mettent leur chef dans l’embarras

QUÉBEC — Le septième jour de la campagne électorale aura été difficile pour le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ), tous deux distraits de leur plan de match, mercredi, par des candidats à problème.

Après avoir dû récemment évincer une de ses candidates, Muguette Paillé, pour des propos jugés islamophobes, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a récidivé, mercredi, en montrant la porte à un autre de ses candidats pour les mêmes raisons.

Candidat péquiste dans Drummond-Bois-Francs, Pierre Marcotte tenait un discours ouvertement islamophobe sur sa page Facebook depuis des années.

M. Lisée s’est dit «dégoûté» par ce qu’il a vu et lu, en admettant que son entourage n’avait pas fait les vérifications d’usage avant d’inclure M. Marcotte dans son équipe.

Du côté de la CAQ, c’est le député et candidat de La Peltrie, Éric Caire, qui a causé un malaise en révélant qu’il avait contracté en 2017 un emprunt de 55 000 $ à un maire d’une municipalité située dans sa circonscription.

M. Caire, réputé pour être à cheval sur les questions d’éthique, n’a pas demandé alors l’avis de la Commissaire à l’éthique et à la déontologie avant d’encaisser l’argent. En avril dernier, il a cependant été prévenu par cette dernière que ce prêt le plaçait dans une situation de conflit d’intérêts potentiel.

Depuis, le député et candidat caquiste a donc remboursé le prêt, tout en jugeant pour sa part n’avoir rien fait de répréhensible.

Son chef, François Legault, tout en affirmant que son député avait commis une erreur, lui a donné son absolution. Il pourra donc rester sur les rangs.

Mais l’histoire n’est pas passée comme une lettre à la poste. Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a rappelé que la CAQ prônait «la tolérance zéro» en matière d’écart aux règles d’éthique, mais que les gestes ne suivaient pas.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a réagi en estimant qu’il ne fallait pas passer l’éponge sur cette erreur. Il dit que M. Legault a des comptes à rendre à ce sujet.

L’histoire a été mise au jour au lendemain de l’annonce, par le président de la CAQ et candidat dans La Prairie, Stéphane Le Bouyonnec, qu’il retirait sa candidature, sentant que son chef, François Legault, le mettait de côté.

En juin, on apprenait que M. Le Bouyonnec était actionnaire d’une entreprise qui octroyait des prêts à court terme à taux très élevés, en Ontario, une pratique controversée et illégale au Québec.

Ces déconvenues n’ont pas empêché le chef de la CAQ de jouer la carte du développement économique, en présentant son «escouade économique», un groupe de six candidats, trois hommes et trois femmes, «de haut calibre économique». Un de ses candidats vedettes du secteur économique, Youri Chassin, n’en fera cependant pas partie. M. Legault s’est défendu de cacher M. Chassin, reconnu notamment pour ses positions critiques sur la gestion de l’offre en agriculture.

PQ: un meilleur congé parental

Au Parti québécois, la journée était consacrée une fois de plus aux parents de jeunes enfants. Un gouvernement péquiste verrait à bonifier le régime d’assurance parentale, un peu comme le promet aussi depuis des années le gouvernement libéral. Les libéraux promettent une banque de 10 jours de congés flottants aux parents, tandis que les péquistes montent la barre à 20 jours différés.

Le PQ a également l’intention d’ajouter deux semaines au congé de paternité, pour qu’il passe de cinq à sept semaines.

Le chef libéral et premier ministre sortant, Philippe Couillard, a promis de rappeler son projet de loi s’il est réélu, et de le bonifier au besoin. «Cependant, l’objectif c’est de réaliser ces améliorations sans augmenter les cotisations pour les travailleurs et les employeurs», a-t-il déclaré à Rivière-du-Loup.

PLQ: des enseignants mieux formés

Les libéraux promettent quant à eux, s’ils sont réélus, de rehausser la formation des enseignants et de leur offrir un meilleur salaire, de même que de meilleures conditions de travail.

Le PLQ désire également créer un examen national de maîtrise du français pour remplacer l’épreuve actuelle et mettre sur pied un institut national en éducation.

«Just watch me!»

Le chef libéral Philippe Couillard a prévenu par ailleurs qu’il y aurait des conséquences politiques «sérieuses», si d’aventure de nouvelles brèches apparaissaient dans le système de la gestion de l’offre, dans le cadre des négociations sur la modernisation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

«Just watch me!», a-t-il répondu, en conférence de presse à Rivière-du-Loup, quand on lui a demandé jusqu’où il était prêt à aller pour défendre notre système de production des oeufs, du lait et de la volaille. M. Couillard reprenait l’expression utilisée par l’ex-premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau pendant la crise d’octobre 1970 au Québec, à propos de la lutte menée contre le Front de libération du Québec (FLQ).

QS: Revoir la rémunération des médecins

Enfin, un gouvernement solidaire renégocierait une nouvelle entente avec les médecins spécialistes sur la rémunération, et réviserait le mode de rémunération des médecins, et ce, afin de réduire la part consacrée à la rémunération à l’acte.

La formation politique de gauche estime que le fait de rémunérer les médecins à l’acte va à l’encontre des intérêts du public et du réseau de la santé.